{"id":17305,"date":"2023-03-06T13:40:27","date_gmt":"2023-03-06T13:40:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.public.sn\/?p=17305"},"modified":"2023-03-06T13:40:27","modified_gmt":"2023-03-06T13:40:27","slug":"la-rebellion-en-casamance-depuis-plus-de-40ans-lespoir-dune-paix-veritable-renait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.public.sn\/index.php\/2023\/03\/06\/la-rebellion-en-casamance-depuis-plus-de-40ans-lespoir-dune-paix-veritable-renait\/","title":{"rendered":"La r\u00e9bellion en Casamance depuis plus de 40ans, l&rsquo;espoir d&rsquo;une paix v\u00e9ritable rena\u00eet"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le conflit ind\u00e9pendantiste de la Casamance, dans le sud du S\u00e9n\u00e9gal, a dur\u00e9 plus de quarante ans: en d\u00e9pit de plusieurs accords de paix, il a fait des milliers de victimes et d\u00e9vast\u00e9 l\u2019\u00e9conomie d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 fort potentiel agricole et touristique. Aujourd\u2019hui, la suspension presque totale des hostilit\u00e9s depuis plusieurs mois et derni\u00e8rement l\u2019invite du chef de l\u2019Etat, Macky Sall, au Mfdc \u00e0 enterrer d\u00e9finitivement hache de guerre, font toutefois rena\u00eetre l\u2019espoir d\u2019un retour \u00e0 la paix.<\/strong><\/p><div class=\"publi-paragraphe1\" style=\"margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;margin-left: auto;margin-right: auto;text-align: center;\" id=\"publi-1944882667\"><div class=\"publi-adlabel\">Publicit\u00e9<\/div><script async src=\"\/\/pagead2.googlesyndication.com\/pagead\/js\/adsbygoogle.js?client=ca-pub-4089586018074219\" crossorigin=\"anonymous\"><\/script><ins class=\"adsbygoogle\" style=\"display:block;\" data-ad-client=\"ca-pub-4089586018074219\" \ndata-ad-slot=\"2087940154\" \ndata-ad-format=\"auto\"><\/ins>\n<script> \n(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); \n<\/script>\n<\/div>\n<p><strong>Naissance de la r\u00e9bellion<\/strong><\/p>\n<p>Il y\u2019a 40 ann\u00e9es commen\u00e7ait le conflit qui a d\u00e9chir\u00e9 la plus belle r\u00e9gion du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>Nous sommes le dimanche 26 d\u00e9cembre 1982, la Casamance, en particulier sa capitale Ziguinchor, sort p\u00e9niblement des libations de No\u00ebl. Des brouillards de ce matin de d\u00e9cembre un peu frisquet, les habitants per\u00e7oivent comme dans un r\u00eave, des silhouettes fantomatiques dans les rues vers le centre de la ville. Dans toutes les grandes art\u00e8res, des centaines de personnes, hommes et enfants venus de diff\u00e9rents quartiers de la ville, des villages environnants et d\u2019autres plus lointains, les femmes sorties du bois sacr\u00e9 se dirigeant vers la gouvernance, si\u00e8ge de l\u2019administration r\u00e9gionale, repr\u00e9sentation de l\u2019administration centrale. Vers 11 heures, la manifestation appel\u00e9e par le Mouvement des Forces D\u00e9mocratiques de Casamance (MFDC), dont beaucoup entendaient parler pour la premi\u00e8re fois s\u2019agglutine devant la grande b\u00e2tisse de style colonial, en face du fleuve Se\u0301ne\u0301gal. Mal pr\u00e9par\u00e9es \u00e0 ce qui allait se passer, les autorit\u00e9s n\u2019avaient pas mis en place un dispositif de s\u00e9curit\u00e9 important. Juste quelques policiers mal \u00e9quip\u00e9s et mal entra\u00een\u00e9s aux affrontements de rue.<\/p>\n<p>Soudain, au grand ahurissement g\u00e9n\u00e9ral, le drapeau nation est descendu et remplac\u00e9 par un drapeau blanc. Plus tard, les responsables du Mfdc expliqueront que le drapeau blanc \u00e9tait le signe que leur mouvement \u00e9tait pacifiste, un signe de paix. Par ce geste de l\u00e8se r\u00e9publique pour les autorit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque, le Mfdc affichait ouvertement, ses vell\u00e9it\u00e9s ind\u00e9pendantistes. Mais apr\u00e8s leur premi\u00e8re surprise, les autorit\u00e9s revenues \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, donnent l\u2019ordre aux forces de police de disperser la manifestation. Plusieurs manifestants sont bless\u00e9s, des dizaines arr\u00eat\u00e9es dont l\u2019abb\u00e9 Diamakoune Senghor qui, plus tard, appara\u00eetra comme le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du mouvement. Un an plus tard, le 17 d\u00e9cembre 1983, le Mfdc d\u00e9cide de comm\u00e9morer l\u2019anniversaire de la manifestation r\u00e9prim\u00e9e l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, mais cette fois-ci, l\u2019administration s\u2019est pr\u00e9par\u00e9e pour le meilleur comme pour le pire.<\/p>\n<p>Ce sera, malheureusement, pour le pire avec le d\u00e9but d\u2019un conflit meurtrier qui a dur\u00e9 plus de 40 ann\u00e9es. Cette fois-ci aussi, les manifestants se sont pr\u00e9par\u00e9s, ils sont venus arm\u00e9s de machettes, de coupes coupes et autres armes blanches et occupent la m\u00eame place qu\u2019un an auparavant. Mais en face des manifestants sagement assis devant les grilles de l\u2019imposant b\u00e2timent de la gouvernance, un dispositif impressionnant de forces de l\u2019ordre, fortement arm\u00e9es les attend. Apr\u00e8s de violents affrontements, des dizaines de corps jonchent le sol devant la gouvernance et dans certaines art\u00e8res de la ville. La nouvelle du drame, comme une tra\u00een\u00e9e de poudre gagne les villages les plus recul\u00e9s et autres \u00eeles de la Casamance, ainsi que les autres villes du S\u00e9n\u00e9gal. La r\u00e9bellion casaman\u00e7aise est n\u00e9e. La trag\u00e9die d\u2019une r\u00e9gion a commenc\u00e9, le Mfdc a d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 Dakar, l\u2019accusant d\u2019avoir massacr\u00e9 des fils de la Casamance.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9veloppement du maquis<\/strong><\/p>\n<p>Un an plus tard, quelque part dans la for\u00eat class\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re avec la Guin\u00e9e-Bissau, Atika, la branche arm\u00e9e du Mfdc voit le jour \u00e0 l\u2019initiative de Sidy Badji, un ancien combattant de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Dans un premier temps, les autorit\u00e9s de Dakar, absorb\u00e9es par les soubresauts des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives de f\u00e9vrier de 1983 ne voient pas le maquis se d\u00e9velopper sur son flanc sud et le qualifie de bande arm\u00e9e h\u00e9t\u00e9roclite et de clics de bandits. Au d\u00e9but mal \u00e9quip\u00e9s, les maquisards se voient bient\u00f4t doter d\u2019un armement sophistiqu\u00e9 dont l\u2019essentiel vient de la Guin\u00e9e-Bissau. Un pays qui sort de plus d\u2019une d\u00e9cennie de guerre d\u2019ind\u00e9pendance contre l\u2019ancienne puissance coloniale, le Portugal. Jusqu\u2019en 1990, date de l\u2019intensification du conflit, c\u2019\u00e9tait une dr\u00f4le de guerre qui se d\u00e9roulait au sud du pays, mais qui change, brutalement, du tout au tout. Des fusils de chasse qu\u2019ils utilisaient jusque-l\u00e0, les rebelles passent aux fusils d\u2019assaut et autres mitraillettes AK47. Le gouvernement r\u00e9alise avec horreur que la jacquerie initiale est devenue une vraie guerre et met le paquet pour, dit-t-il, \u00e9radiquer la r\u00e9bellion. Ce qui \u00e9tait plus facile \u00e0 dire qu\u2019\u00e0 faire. \u00c0 preuve, elle dure encore, apr\u00e8s quarante ans. Selon les chiffres g\u00e9n\u00e9ralement cit\u00e9s, sans pour autant que l\u2019on puisse jurer de leur exactitude, entre 1990 et 2023, le conflit aurait fait plusieurs milliers de victimes dont plusieurs centaines tu\u00e9es de part et d\u2019autre ainsi que des civiles.<\/p>\n<p><strong>R\u00e8glements de compte et Accords<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est durant ces trois d\u00e9cennies que l\u2019arm\u00e9e s\u00e9n\u00e9galaise conna\u00eetra \u00e9galement ses plus grandes pertes qui marquent le tournent du conflit. En effet, en 1995 \u00e0 Babondan , village frontalier avec Bissao et en 1997 \u00e0 Madina Mankagne, \u00e0 3 kilom\u00e8tres de Ziguinchor, l\u2019arm\u00e9e tombe dans deux embuscades et y laisse une soixantaine de soldats. On estime, aujourd\u2019hui, plus de quatre vingt dix mille personnes d\u00e9plac\u00e9es, des centaines de villages d\u00e9truits et ou d\u00e9sert\u00e9s, min\u00e9s comme la plupart des routes et pistes de la Casamance. D\u2019autres massacres ont \u00e9t\u00e9 aussi commis sur des citoyens de la Casamance, h\u00e9las \u0153uvrant pour le retour de la paix. Ils ont \u00e9t\u00e9 victimes de leur engagement. Dans ce lot, figurent en grande place des personnalit\u00e9s politiques et religieuses. Le cas d\u2019Omar Lamine Badji tu\u00e9 dans sa maison \u00e0 Sindian en d\u00e9cembre 2006 et Samsdine N\u00e9ma Haidara en d\u00e9cembre 2007, illustre ce ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019il convient d\u2019appeler \u00ab un r\u00e8glement de comptes entre fils de m\u00eame patrie et du m\u00eame terroir \u00bb. La mort de certains chefs rebelles a vu surgir diff\u00e9rentes branches arm\u00e9es. Des hommes comme Ousmane Badji dans le Sindian, Mane Badji dans le Diouloulou et C\u00e9sar Atout Badiate dans le Oussouye. Ces \u00e9l\u00e9ments, de par leurs strat\u00e9gies et leurs exp\u00e9riences respectives, pendant que Salif Sadio, chef charismatique de la bande arm\u00e9e du mouvement \u00e9tait sous l\u2019ombre, ont men\u00e9 des actions qui vont pousser Dakar \u00e0 trouver des solutions en collaborant avec l\u2019aile civile, l\u2019aile politique du Mfdc et le mouvement des intellectuels de la Casamance. Ainsi, ils ont pu se retrouver autour de la table de n\u00e9gociations. Leurs actions engag\u00e9es d\u2019un commun accord a suscit\u00e9 des espoirs avec les r\u00e9unions de Foundiougne 1 et l\u2019engagement de l\u2019Etat pour la reconstruction de la Casamance.<\/p>\n<p>Au pouvoir, ces efforts ont \u00e9t\u00e9 presque ali\u00e9n\u00e9s par l\u2019intrusion de l\u2019argent qui a engendr\u00e9 plus de d\u00e9g\u00e2ts qu\u2019il en a r\u00e9solus. Dans ce contexte, Macky Sall qui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Me Abdoulaye Wade h\u00e9rite, lui aussi, d\u2019un dossier marqu\u00e9 par les massacres de Diagnon et les attaques meurtri\u00e8res du cantonnement militaire de Di\u00e9goune. Un chemin de la paix difficile \u00e0 baliser.<\/p>\n<p>Abdou Diouf, alors pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, croyait pourtant trouver la solution avec les accords de 1991. Le Pr\u00e9sident Abdoulaye Wade lui, pensait d\u00e9tenir la cl\u00e9 de cette situation avec les accords sign\u00e9s en 2004. H\u00e9las ces efforts se sont tous effondr\u00e9s tel un ch\u00e2teau de cartes laissant sur place, une paix seulement dans les mots.<\/p>\n<p>En 2012, Trente ans apr\u00e8s le d\u00e9but du conflit, on esp\u00e9rait aussi un d\u00e9clic vers cette paix tant recherch\u00e9e avec la main tendue de Salif Sadio \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e0 Macky Sall pour des n\u00e9gociations \u00e0 Sant Egidio \u00e0 Rome, les 13 et 14 octobre de la m\u00eame ann\u00e9e, entre le gouvernement du S\u00e9n\u00e9gal et une d\u00e9l\u00e9gation du Mfdc pour des accords.<\/p>\n<p><strong>Renaissance d\u2019espoirs de paix<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 est que depuis 1982, trois pr\u00e9sidents s\u00e9n\u00e9galais se sont frott\u00e9s \u00e0 cette crise casaman\u00e7ais: Abdou Diouf jusqu\u2019en 2000, Abdoulaye Wade jusqu\u2019en 2012 et puis Macky Sall. A ce jour, aucun d\u2019entre eux n\u2019est encore venu \u00e0 bout du conflit. Et selon certains observateurs de la crise, comme le journaliste Ibrahima Gassama, directeur de la radio Zig-FM, chacun y a sa responsabilit\u00e9: \u00ab\u00a0l\u2019un des principaux obstacles est qu\u2019il n\u2019y a pas eu de passation du dossier casaman\u00e7ais entre les trois r\u00e9sidents. Ce qui fait qu\u2019il n\u2019y a pas de continuit\u00e9 au sein de l\u2019Etat. Chaque pr\u00e9sident a adopt\u00e9 sa propre strat\u00e9gie en faisant table rase de ce qui avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avant\u00a0\u00bb, indique-t-il.<\/p>\n<p>L\u2019on se rappelle des accrochages qui ont eu lieu le 24 janvier 2022 en territoire gambien entre la Mission ouest-africaine en Gambie (Eco Mig), une force de la CEDEAO compos\u00e9e essentiellement de militaires s\u00e9n\u00e9galais, et les combattants du Mouvement des forces d\u00e9mocratiques de Casamance. Des affrontements au cours desquels 4 militaires ont perdu la vie et 7 autres, d\u00e9tenus en otage par le Mfdc.<br \/>\nAujourd\u2019hui, la lib\u00e9ration de ces soldats s\u00e9n\u00e9galais qui \u00e9taient retenus en otage pendant un an par une des branches de la r\u00e9bellion du Mouvement des forces d\u00e9mocratiques de Casamance, ainsi que la suspension presque totale des hostilit\u00e9s depuis plusieurs mois, font toutefois rena\u00eetre l\u2019espoir d\u2019un retour \u00e0 la paix.<\/p>\n<p><strong>Main tendue de Macky Sall<\/strong><\/p>\n<p>M\u00eame si la main tendue du chef de l\u2019Etat, Macky Sall, au Mfdc est diversement appr\u00e9ci\u00e9e au sein du mouvement, elle sonne comme une consolidation des acquis dans le processus de paix en Casamance et suscite des r\u00e9actions favorables. Certains chefs rebelles et leurs factions restent indiff\u00e9rents \u00e0 l\u2019appel, se d\u00e9marquent et demandent des actes concrets. Alors que d\u2019autres factions, notamment, celles de Diakaye approuvent et saisissent cette perche tendue par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique.<\/p>\n<p>Cet appel du chef de l\u2019Etat, Macky Sall, lanc\u00e9 la semaine derni\u00e8re depuis Goudomp, lors de sa tourn\u00e9e \u00e9conomique, r\u00e9sonne comme une consolidation des deux accords d\u00e9j\u00e0 paraph\u00e9s. Cela va conforter les acquis d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9s dans le processus de paix. Et, \u00e0 la suite d\u2019\u00e9preuves de forces impos\u00e9es aux autres factions rebelles, une situation \u00e9tablie tr\u00e8s favorable \u00e0 l\u2019Etat. Cela sonne \u00e9galement comme une ouverture en direction des autres factions radicales, pour un signal fort comme pour dire qu\u2019il est encore possible de se retrouver: l\u2019espoir est donc permis.<\/p>\n<p>Les n\u00e9gociations \u00e0 Sant Egidio sont aujourd\u2019hui gel\u00e9es certes, mais cet appel du pied de Macky Sall, devrait relancer le dialogue sous d\u2019autres formes.<br \/>\nMalgr\u00e9 les op\u00e9rations de s\u00e9curisation au sud du pays qui ont fait fuir des chefs rebelles comme Salif Sadio, le dialogue reste toujours d\u2019actualit\u00e9, par sa ligne directrice. Surtout que le pr\u00e9sident Sall, r\u00e9it\u00e8re sa volont\u00e9 de pacifier compl\u00e9tement la partie sud du pays qui tangue depuis 40 ans entre paix et violence. M\u00eame si certaines t\u00eates pensantes du maquis d\u00e9clinent cet appel du chef de l\u2019Etat, d\u2019autres factions rebelles, comme celles de Diakaye ont exprim\u00e9 toute leur adh\u00e9sion \u00e0 cette perche tendue par Macky Sall. L\u2019Initiative pour la R\u00e9unification des Ailes Politiques et Arm\u00e9es (IRAPA) du Mfdc approuve cette sortie du Chef de l\u2019Etat. D&rsquo;ailleurs, son porte-parole, Seyni Badji, estime qu\u2019il faut plus de coh\u00e9sion entre la d\u00e9claration et l\u2019acte.<br \/>\nDonc, c\u2019est clair dans leur t\u00eate, cet appel du chef de l\u2019Etat marque sa constance sur sa volont\u00e9 de trouver une solution d\u00e9finitive au conflit casaman\u00e7ais. Diakhaye est en phase avec cette main tendue. Maintenant, c\u2019est au Mfdc de saisir cette opportunit\u00e9 pour pouvoir profiter de cette main tendue et privil\u00e9gier le dialogue par les populations qui sont aujourd\u2019hui fatigu\u00e9es.<\/p>\n<p>Comme si cela ne suffisait pas, M. Badji a lanc\u00e9 un appel aux autres factions du Mfdc avant d\u2019interpeller l\u2019Etat afin qu\u2019il se fasse violence et ne pas r\u00e9pondre au comportement du Mfdc par la violence. \u00ab\u00a0Il y a des gens qui affichent leur bonne volont\u00e9 \u00e0 cheminer vers la paix. Cette guerre n\u2019a que trop dur\u00e9. Il faut r\u00e9gler le probl\u00e8me par la n\u00e9gociation\u00a0\u00bb, a lanc\u00e9 Seyni Badji.<\/p>\n<p>Cette main tendue a \u00e9galement suscit\u00e9 des r\u00e9actions en dehors du mouvement. La classe politique aussi, a appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 sa juste valeur cet appel.<br \/>\nC\u2019est pourquoi, toutes les franges de la soci\u00e9t\u00e9 doivent \u0153uvrer dans la recherche de la paix et conjuguer surtout leurs efforts, pour une paix d\u00e9finitive en Casamance.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance qui a toujours port\u00e9 le plaidoyer, r\u00e9it\u00e8re aussi, son engagement \u00e0 \u0153uvrer pour une paix d\u00e9finitive en Casamance.<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but du conflit, bien des appels se sont succ\u00e9d\u00e9, mais cette derni\u00e8re en date qui invite \u00e0 d\u00e9poser d\u00e9finitivement les armes installe une lueur d\u2019espoir chez les populations qui esp\u00e8rent que cette sortie du Chef de l\u2019Etat ne sera pas un appel de plus.<\/p>\n<p>La r\u00e9conciliation est importante pour tous les protagonistes et cette situation de \u00ab\u00a0ni paix, ni guerre\u00a0\u00bb est intenable \u00e0 long terme.<br \/>\nAujourd\u2019hui la suspension presque totale des hostilit\u00e9s et l\u2019appel de Macky Sall \u00e0 enterrer d\u00e9finitivement la hache de guerre font toutefois rena\u00eetre l\u2019espoir d\u2019un retour \u00e0 la paix tant attendue par les populations du sud du pays.<\/p>\n<div class=\"nty nty-post-middle nty-float-center nty-align-center nty-column-1 nty-clearfix no-bg-box-model\">\n<div id=\"nty-3576-1435765591\" class=\"nty-container nty-type-code \" data-adid=\"3576\" data-type=\"code\">\n<div id=\"nty-3576-1435765591-place\"><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"publi-apres-le-contenu\" style=\"margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;margin-left: auto;margin-right: auto;text-align: center;\" id=\"publi-1944839053\"><div class=\"publi-adlabel\">Publicit\u00e9<\/div><script async src=\"\/\/pagead2.googlesyndication.com\/pagead\/js\/adsbygoogle.js?client=ca-pub-4089586018074219\" crossorigin=\"anonymous\"><\/script><ins class=\"adsbygoogle\" style=\"display:block;\" data-ad-client=\"ca-pub-4089586018074219\" \ndata-ad-slot=\"2087940154\" \ndata-ad-format=\"auto\"><\/ins>\n<script> \n(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); \n<\/script>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le conflit ind\u00e9pendantiste de la Casamance, dans le sud du S\u00e9n\u00e9gal, a dur\u00e9 plus de quarante ans: en d\u00e9pit de plusieurs accords de paix, il a fait des milliers de victimes et d\u00e9vast\u00e9 l\u2019\u00e9conomie d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 fort potentiel agricole et touristique. Aujourd\u2019hui, la suspension presque totale des hostilit\u00e9s depuis plusieurs mois et derni\u00e8rement l\u2019invite du chef de l\u2019Etat, Macky Sall, au Mfdc \u00e0 enterrer d\u00e9finitivement hache de guerre, font toutefois rena\u00eetre l\u2019espoir d\u2019un retour \u00e0 la paix. Naissance de la r\u00e9bellion Il y\u2019a 40 ann\u00e9es commen\u00e7ait le conflit qui a d\u00e9chir\u00e9 la plus belle r\u00e9gion du S\u00e9n\u00e9gal. Nous sommes le dimanche 26 d\u00e9cembre 1982, la Casamance, en particulier sa capitale Ziguinchor, sort p\u00e9niblement des libations de No\u00ebl. Des brouillards de ce matin de d\u00e9cembre un peu frisquet, les habitants per\u00e7oivent comme dans un r\u00eave, des silhouettes fantomatiques dans les rues vers le centre de la ville. Dans toutes les grandes art\u00e8res, des centaines de personnes, hommes et enfants venus de diff\u00e9rents quartiers de la ville, des villages environnants et d\u2019autres plus lointains, les femmes sorties du bois sacr\u00e9 se dirigeant vers la gouvernance, si\u00e8ge de l\u2019administration r\u00e9gionale, repr\u00e9sentation de l\u2019administration centrale. Vers 11 heures, la manifestation appel\u00e9e par le Mouvement des Forces D\u00e9mocratiques de Casamance (MFDC), dont beaucoup entendaient parler pour la premi\u00e8re fois s\u2019agglutine devant la grande b\u00e2tisse de style colonial, en face du fleuve Se\u0301ne\u0301gal. Mal pr\u00e9par\u00e9es \u00e0 ce qui allait se passer, les autorit\u00e9s n\u2019avaient pas mis en place un dispositif de s\u00e9curit\u00e9 important. Juste quelques policiers mal \u00e9quip\u00e9s et mal entra\u00een\u00e9s aux affrontements de rue. Soudain, au grand ahurissement g\u00e9n\u00e9ral, le drapeau nation est descendu et remplac\u00e9 par un drapeau blanc. Plus tard, les responsables du Mfdc expliqueront que le drapeau blanc \u00e9tait le signe que leur mouvement \u00e9tait pacifiste, un signe de paix. Par ce geste de l\u00e8se r\u00e9publique pour les autorit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque, le Mfdc affichait ouvertement, ses vell\u00e9it\u00e9s ind\u00e9pendantistes. Mais apr\u00e8s leur premi\u00e8re surprise, les autorit\u00e9s revenues \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, donnent l\u2019ordre aux forces de police de disperser la manifestation. Plusieurs manifestants sont bless\u00e9s, des dizaines arr\u00eat\u00e9es dont l\u2019abb\u00e9 Diamakoune Senghor qui, plus tard, appara\u00eetra comme le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du mouvement. Un an plus tard, le 17 d\u00e9cembre 1983, le Mfdc d\u00e9cide de comm\u00e9morer l\u2019anniversaire de la manifestation r\u00e9prim\u00e9e l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, mais cette fois-ci, l\u2019administration s\u2019est pr\u00e9par\u00e9e pour le meilleur comme pour le pire. Ce sera, malheureusement, pour le pire avec le d\u00e9but d\u2019un conflit meurtrier qui a dur\u00e9 plus de 40 ann\u00e9es. Cette fois-ci aussi, les manifestants se sont pr\u00e9par\u00e9s, ils sont venus arm\u00e9s de machettes, de coupes coupes et autres armes blanches et occupent la m\u00eame place qu\u2019un an auparavant. Mais en face des manifestants sagement assis devant les grilles de l\u2019imposant b\u00e2timent de la gouvernance, un dispositif impressionnant de forces de l\u2019ordre, fortement arm\u00e9es les attend. Apr\u00e8s de violents affrontements, des dizaines de corps jonchent le sol devant la gouvernance et dans certaines art\u00e8res de la ville. La nouvelle du drame, comme une tra\u00een\u00e9e de poudre gagne les villages les plus recul\u00e9s et autres \u00eeles de la Casamance, ainsi que les autres villes du S\u00e9n\u00e9gal. La r\u00e9bellion casaman\u00e7aise est n\u00e9e. La trag\u00e9die d\u2019une r\u00e9gion a commenc\u00e9, le Mfdc a d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 Dakar, l\u2019accusant d\u2019avoir massacr\u00e9 des fils de la Casamance. D\u00e9veloppement du maquis Un an plus tard, quelque part dans la for\u00eat class\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re avec la Guin\u00e9e-Bissau, Atika, la branche arm\u00e9e du Mfdc voit le jour \u00e0 l\u2019initiative de Sidy Badji, un ancien combattant de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Dans un premier temps, les autorit\u00e9s de Dakar, absorb\u00e9es par les soubresauts des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives de f\u00e9vrier de 1983 ne voient pas le maquis se d\u00e9velopper sur son flanc sud et le qualifie de bande arm\u00e9e h\u00e9t\u00e9roclite et de clics de bandits. Au d\u00e9but mal \u00e9quip\u00e9s, les maquisards se voient bient\u00f4t doter d\u2019un armement sophistiqu\u00e9 dont l\u2019essentiel vient de la Guin\u00e9e-Bissau. Un pays qui sort de plus d\u2019une d\u00e9cennie de guerre d\u2019ind\u00e9pendance contre l\u2019ancienne puissance coloniale, le Portugal. Jusqu\u2019en 1990, date de l\u2019intensification du conflit, c\u2019\u00e9tait une dr\u00f4le de guerre qui se d\u00e9roulait au sud du pays, mais qui change, brutalement, du tout au tout. Des fusils de chasse qu\u2019ils utilisaient jusque-l\u00e0, les rebelles passent aux fusils d\u2019assaut et autres mitraillettes AK47. Le gouvernement r\u00e9alise avec horreur que la jacquerie initiale est devenue une vraie guerre et met le paquet pour, dit-t-il, \u00e9radiquer la r\u00e9bellion. Ce qui \u00e9tait plus facile \u00e0 dire qu\u2019\u00e0 faire. \u00c0 preuve, elle dure encore, apr\u00e8s quarante ans. Selon les chiffres g\u00e9n\u00e9ralement cit\u00e9s, sans pour autant que l\u2019on puisse jurer de leur exactitude, entre 1990 et 2023, le conflit aurait fait plusieurs milliers de victimes dont plusieurs centaines tu\u00e9es de part et d\u2019autre ainsi que des civiles. R\u00e8glements de compte et Accords C\u2019est durant ces trois d\u00e9cennies que l\u2019arm\u00e9e s\u00e9n\u00e9galaise conna\u00eetra \u00e9galement ses plus grandes pertes qui marquent le tournent du conflit. En effet, en 1995 \u00e0 Babondan , village frontalier avec Bissao et en 1997 \u00e0 Madina Mankagne, \u00e0 3 kilom\u00e8tres de Ziguinchor, l\u2019arm\u00e9e tombe dans deux embuscades et y laisse une soixantaine de soldats. On estime, aujourd\u2019hui, plus de quatre vingt dix mille personnes d\u00e9plac\u00e9es, des centaines de villages d\u00e9truits et ou d\u00e9sert\u00e9s, min\u00e9s comme la plupart des routes et pistes de la Casamance. D\u2019autres massacres ont \u00e9t\u00e9 aussi commis sur des citoyens de la Casamance, h\u00e9las \u0153uvrant pour le retour de la paix. Ils ont \u00e9t\u00e9 victimes de leur engagement. Dans ce lot, figurent en grande place des personnalit\u00e9s politiques et religieuses. Le cas d\u2019Omar Lamine Badji tu\u00e9 dans sa maison \u00e0 Sindian en d\u00e9cembre 2006 et Samsdine N\u00e9ma Haidara en d\u00e9cembre 2007, illustre ce ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019il convient d\u2019appeler \u00ab un r\u00e8glement de comptes entre fils de m\u00eame patrie et du m\u00eame terroir \u00bb. La mort de certains chefs rebelles a vu surgir diff\u00e9rentes branches arm\u00e9es. Des hommes comme Ousmane Badji dans le Sindian, Mane Badji dans le Diouloulou et C\u00e9sar Atout Badiate dans le Oussouye. 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Aujourd\u2019hui, la suspension presque totale des hostilit\u00e9s depuis plusieurs mois et derni\u00e8rement l\u2019invite du chef de l\u2019Etat, Macky Sall, au Mfdc \u00e0 enterrer d\u00e9finitivement hache de guerre, font toutefois rena\u00eetre l\u2019espoir d\u2019un retour \u00e0 la paix. Naissance de la r\u00e9bellion Il y\u2019a 40 ann\u00e9es commen\u00e7ait le conflit qui a d\u00e9chir\u00e9 la plus belle r\u00e9gion du S\u00e9n\u00e9gal. Nous sommes le dimanche 26 d\u00e9cembre 1982, la Casamance, en particulier sa capitale Ziguinchor, sort p\u00e9niblement des libations de No\u00ebl. Des brouillards de ce matin de d\u00e9cembre un peu frisquet, les habitants per\u00e7oivent comme dans un r\u00eave, des silhouettes fantomatiques dans les rues vers le centre de la ville. Dans toutes les grandes art\u00e8res, des centaines de personnes, hommes et enfants venus de diff\u00e9rents quartiers de la ville, des villages environnants et d\u2019autres plus lointains, les femmes sorties du bois sacr\u00e9 se dirigeant vers la gouvernance, si\u00e8ge de l\u2019administration r\u00e9gionale, repr\u00e9sentation de l\u2019administration centrale. Vers 11 heures, la manifestation appel\u00e9e par le Mouvement des Forces D\u00e9mocratiques de Casamance (MFDC), dont beaucoup entendaient parler pour la premi\u00e8re fois s\u2019agglutine devant la grande b\u00e2tisse de style colonial, en face du fleuve Se\u0301ne\u0301gal. Mal pr\u00e9par\u00e9es \u00e0 ce qui allait se passer, les autorit\u00e9s n\u2019avaient pas mis en place un dispositif de s\u00e9curit\u00e9 important. Juste quelques policiers mal \u00e9quip\u00e9s et mal entra\u00een\u00e9s aux affrontements de rue. Soudain, au grand ahurissement g\u00e9n\u00e9ral, le drapeau nation est descendu et remplac\u00e9 par un drapeau blanc. Plus tard, les responsables du Mfdc expliqueront que le drapeau blanc \u00e9tait le signe que leur mouvement \u00e9tait pacifiste, un signe de paix. Par ce geste de l\u00e8se r\u00e9publique pour les autorit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque, le Mfdc affichait ouvertement, ses vell\u00e9it\u00e9s ind\u00e9pendantistes. Mais apr\u00e8s leur premi\u00e8re surprise, les autorit\u00e9s revenues \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, donnent l\u2019ordre aux forces de police de disperser la manifestation. Plusieurs manifestants sont bless\u00e9s, des dizaines arr\u00eat\u00e9es dont l\u2019abb\u00e9 Diamakoune Senghor qui, plus tard, appara\u00eetra comme le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du mouvement. Un an plus tard, le 17 d\u00e9cembre 1983, le Mfdc d\u00e9cide de comm\u00e9morer l\u2019anniversaire de la manifestation r\u00e9prim\u00e9e l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, mais cette fois-ci, l\u2019administration s\u2019est pr\u00e9par\u00e9e pour le meilleur comme pour le pire. Ce sera, malheureusement, pour le pire avec le d\u00e9but d\u2019un conflit meurtrier qui a dur\u00e9 plus de 40 ann\u00e9es. Cette fois-ci aussi, les manifestants se sont pr\u00e9par\u00e9s, ils sont venus arm\u00e9s de machettes, de coupes coupes et autres armes blanches et occupent la m\u00eame place qu\u2019un an auparavant. Mais en face des manifestants sagement assis devant les grilles de l\u2019imposant b\u00e2timent de la gouvernance, un dispositif impressionnant de forces de l\u2019ordre, fortement arm\u00e9es les attend. Apr\u00e8s de violents affrontements, des dizaines de corps jonchent le sol devant la gouvernance et dans certaines art\u00e8res de la ville. La nouvelle du drame, comme une tra\u00een\u00e9e de poudre gagne les villages les plus recul\u00e9s et autres \u00eeles de la Casamance, ainsi que les autres villes du S\u00e9n\u00e9gal. La r\u00e9bellion casaman\u00e7aise est n\u00e9e. La trag\u00e9die d\u2019une r\u00e9gion a commenc\u00e9, le Mfdc a d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 Dakar, l\u2019accusant d\u2019avoir massacr\u00e9 des fils de la Casamance. D\u00e9veloppement du maquis Un an plus tard, quelque part dans la for\u00eat class\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re avec la Guin\u00e9e-Bissau, Atika, la branche arm\u00e9e du Mfdc voit le jour \u00e0 l\u2019initiative de Sidy Badji, un ancien combattant de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Dans un premier temps, les autorit\u00e9s de Dakar, absorb\u00e9es par les soubresauts des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives de f\u00e9vrier de 1983 ne voient pas le maquis se d\u00e9velopper sur son flanc sud et le qualifie de bande arm\u00e9e h\u00e9t\u00e9roclite et de clics de bandits. Au d\u00e9but mal \u00e9quip\u00e9s, les maquisards se voient bient\u00f4t doter d\u2019un armement sophistiqu\u00e9 dont l\u2019essentiel vient de la Guin\u00e9e-Bissau. Un pays qui sort de plus d\u2019une d\u00e9cennie de guerre d\u2019ind\u00e9pendance contre l\u2019ancienne puissance coloniale, le Portugal. Jusqu\u2019en 1990, date de l\u2019intensification du conflit, c\u2019\u00e9tait une dr\u00f4le de guerre qui se d\u00e9roulait au sud du pays, mais qui change, brutalement, du tout au tout. Des fusils de chasse qu\u2019ils utilisaient jusque-l\u00e0, les rebelles passent aux fusils d\u2019assaut et autres mitraillettes AK47. 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En effet, en 1995 \u00e0 Babondan , village frontalier avec Bissao et en 1997 \u00e0 Madina Mankagne, \u00e0 3 kilom\u00e8tres de Ziguinchor, l\u2019arm\u00e9e tombe dans deux embuscades et y laisse une soixantaine de soldats. On estime, aujourd\u2019hui, plus de quatre vingt dix mille personnes d\u00e9plac\u00e9es, des centaines de villages d\u00e9truits et ou d\u00e9sert\u00e9s, min\u00e9s comme la plupart des routes et pistes de la Casamance. D\u2019autres massacres ont \u00e9t\u00e9 aussi commis sur des citoyens de la Casamance, h\u00e9las \u0153uvrant pour le retour de la paix. Ils ont \u00e9t\u00e9 victimes de leur engagement. Dans ce lot, figurent en grande place des personnalit\u00e9s politiques et religieuses. Le cas d\u2019Omar Lamine Badji tu\u00e9 dans sa maison \u00e0 Sindian en d\u00e9cembre 2006 et Samsdine N\u00e9ma Haidara en d\u00e9cembre 2007, illustre ce ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019il convient d\u2019appeler \u00ab un r\u00e8glement de comptes entre fils de m\u00eame patrie et du m\u00eame terroir \u00bb. La mort de certains chefs rebelles a vu surgir diff\u00e9rentes branches arm\u00e9es. Des hommes comme Ousmane Badji dans le Sindian, Mane Badji dans le Diouloulou et C\u00e9sar Atout Badiate dans le Oussouye. 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Aujourd\u2019hui, la suspension presque totale des hostilit\u00e9s depuis plusieurs mois et derni\u00e8rement l\u2019invite du chef de l\u2019Etat, Macky Sall, au Mfdc \u00e0 enterrer d\u00e9finitivement hache de guerre, font toutefois rena\u00eetre l\u2019espoir d\u2019un retour \u00e0 la paix. Naissance de la r\u00e9bellion Il y\u2019a 40 ann\u00e9es commen\u00e7ait le conflit qui a d\u00e9chir\u00e9 la plus belle r\u00e9gion du S\u00e9n\u00e9gal. Nous sommes le dimanche 26 d\u00e9cembre 1982, la Casamance, en particulier sa capitale Ziguinchor, sort p\u00e9niblement des libations de No\u00ebl. Des brouillards de ce matin de d\u00e9cembre un peu frisquet, les habitants per\u00e7oivent comme dans un r\u00eave, des silhouettes fantomatiques dans les rues vers le centre de la ville. Dans toutes les grandes art\u00e8res, des centaines de personnes, hommes et enfants venus de diff\u00e9rents quartiers de la ville, des villages environnants et d\u2019autres plus lointains, les femmes sorties du bois sacr\u00e9 se dirigeant vers la gouvernance, si\u00e8ge de l\u2019administration r\u00e9gionale, repr\u00e9sentation de l\u2019administration centrale. Vers 11 heures, la manifestation appel\u00e9e par le Mouvement des Forces D\u00e9mocratiques de Casamance (MFDC), dont beaucoup entendaient parler pour la premi\u00e8re fois s\u2019agglutine devant la grande b\u00e2tisse de style colonial, en face du fleuve Se\u0301ne\u0301gal. Mal pr\u00e9par\u00e9es \u00e0 ce qui allait se passer, les autorit\u00e9s n\u2019avaient pas mis en place un dispositif de s\u00e9curit\u00e9 important. Juste quelques policiers mal \u00e9quip\u00e9s et mal entra\u00een\u00e9s aux affrontements de rue. Soudain, au grand ahurissement g\u00e9n\u00e9ral, le drapeau nation est descendu et remplac\u00e9 par un drapeau blanc. Plus tard, les responsables du Mfdc expliqueront que le drapeau blanc \u00e9tait le signe que leur mouvement \u00e9tait pacifiste, un signe de paix. Par ce geste de l\u00e8se r\u00e9publique pour les autorit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque, le Mfdc affichait ouvertement, ses vell\u00e9it\u00e9s ind\u00e9pendantistes. Mais apr\u00e8s leur premi\u00e8re surprise, les autorit\u00e9s revenues \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, donnent l\u2019ordre aux forces de police de disperser la manifestation. Plusieurs manifestants sont bless\u00e9s, des dizaines arr\u00eat\u00e9es dont l\u2019abb\u00e9 Diamakoune Senghor qui, plus tard, appara\u00eetra comme le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du mouvement. Un an plus tard, le 17 d\u00e9cembre 1983, le Mfdc d\u00e9cide de comm\u00e9morer l\u2019anniversaire de la manifestation r\u00e9prim\u00e9e l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, mais cette fois-ci, l\u2019administration s\u2019est pr\u00e9par\u00e9e pour le meilleur comme pour le pire. Ce sera, malheureusement, pour le pire avec le d\u00e9but d\u2019un conflit meurtrier qui a dur\u00e9 plus de 40 ann\u00e9es. Cette fois-ci aussi, les manifestants se sont pr\u00e9par\u00e9s, ils sont venus arm\u00e9s de machettes, de coupes coupes et autres armes blanches et occupent la m\u00eame place qu\u2019un an auparavant. Mais en face des manifestants sagement assis devant les grilles de l\u2019imposant b\u00e2timent de la gouvernance, un dispositif impressionnant de forces de l\u2019ordre, fortement arm\u00e9es les attend. Apr\u00e8s de violents affrontements, des dizaines de corps jonchent le sol devant la gouvernance et dans certaines art\u00e8res de la ville. La nouvelle du drame, comme une tra\u00een\u00e9e de poudre gagne les villages les plus recul\u00e9s et autres \u00eeles de la Casamance, ainsi que les autres villes du S\u00e9n\u00e9gal. La r\u00e9bellion casaman\u00e7aise est n\u00e9e. La trag\u00e9die d\u2019une r\u00e9gion a commenc\u00e9, le Mfdc a d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 Dakar, l\u2019accusant d\u2019avoir massacr\u00e9 des fils de la Casamance. D\u00e9veloppement du maquis Un an plus tard, quelque part dans la for\u00eat class\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re avec la Guin\u00e9e-Bissau, Atika, la branche arm\u00e9e du Mfdc voit le jour \u00e0 l\u2019initiative de Sidy Badji, un ancien combattant de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Dans un premier temps, les autorit\u00e9s de Dakar, absorb\u00e9es par les soubresauts des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives de f\u00e9vrier de 1983 ne voient pas le maquis se d\u00e9velopper sur son flanc sud et le qualifie de bande arm\u00e9e h\u00e9t\u00e9roclite et de clics de bandits. Au d\u00e9but mal \u00e9quip\u00e9s, les maquisards se voient bient\u00f4t doter d\u2019un armement sophistiqu\u00e9 dont l\u2019essentiel vient de la Guin\u00e9e-Bissau. Un pays qui sort de plus d\u2019une d\u00e9cennie de guerre d\u2019ind\u00e9pendance contre l\u2019ancienne puissance coloniale, le Portugal. Jusqu\u2019en 1990, date de l\u2019intensification du conflit, c\u2019\u00e9tait une dr\u00f4le de guerre qui se d\u00e9roulait au sud du pays, mais qui change, brutalement, du tout au tout. Des fusils de chasse qu\u2019ils utilisaient jusque-l\u00e0, les rebelles passent aux fusils d\u2019assaut et autres mitraillettes AK47. Le gouvernement r\u00e9alise avec horreur que la jacquerie initiale est devenue une vraie guerre et met le paquet pour, dit-t-il, \u00e9radiquer la r\u00e9bellion. Ce qui \u00e9tait plus facile \u00e0 dire qu\u2019\u00e0 faire. \u00c0 preuve, elle dure encore, apr\u00e8s quarante ans. Selon les chiffres g\u00e9n\u00e9ralement cit\u00e9s, sans pour autant que l\u2019on puisse jurer de leur exactitude, entre 1990 et 2023, le conflit aurait fait plusieurs milliers de victimes dont plusieurs centaines tu\u00e9es de part et d\u2019autre ainsi que des civiles. R\u00e8glements de compte et Accords C\u2019est durant ces trois d\u00e9cennies que l\u2019arm\u00e9e s\u00e9n\u00e9galaise conna\u00eetra \u00e9galement ses plus grandes pertes qui marquent le tournent du conflit. En effet, en 1995 \u00e0 Babondan , village frontalier avec Bissao et en 1997 \u00e0 Madina Mankagne, \u00e0 3 kilom\u00e8tres de Ziguinchor, l\u2019arm\u00e9e tombe dans deux embuscades et y laisse une soixantaine de soldats. On estime, aujourd\u2019hui, plus de quatre vingt dix mille personnes d\u00e9plac\u00e9es, des centaines de villages d\u00e9truits et ou d\u00e9sert\u00e9s, min\u00e9s comme la plupart des routes et pistes de la Casamance. D\u2019autres massacres ont \u00e9t\u00e9 aussi commis sur des citoyens de la Casamance, h\u00e9las \u0153uvrant pour le retour de la paix. Ils ont \u00e9t\u00e9 victimes de leur engagement. Dans ce lot, figurent en grande place des personnalit\u00e9s politiques et religieuses. Le cas d\u2019Omar Lamine Badji tu\u00e9 dans sa maison \u00e0 Sindian en d\u00e9cembre 2006 et Samsdine N\u00e9ma Haidara en d\u00e9cembre 2007, illustre ce ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019il convient d\u2019appeler \u00ab un r\u00e8glement de comptes entre fils de m\u00eame patrie et du m\u00eame terroir \u00bb. La mort de certains chefs rebelles a vu surgir diff\u00e9rentes branches arm\u00e9es. Des hommes comme Ousmane Badji dans le Sindian, Mane Badji dans le Diouloulou et C\u00e9sar Atout Badiate dans le Oussouye. 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