{"id":20312,"date":"2023-04-24T12:51:21","date_gmt":"2023-04-24T12:51:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.public.sn\/?p=20312"},"modified":"2023-04-24T12:51:21","modified_gmt":"2023-04-24T12:51:21","slug":"conflit-au-soudan-lodeur-persistante-de-la-mort-dans-les-hopitaux-a-khartoum","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.public.sn\/index.php\/2023\/04\/24\/conflit-au-soudan-lodeur-persistante-de-la-mort-dans-les-hopitaux-a-khartoum\/","title":{"rendered":"Conflit au Soudan: L&rsquo;odeur persistante de la mort dans les h\u00f4pitaux \u00e0 Khartoum"},"content":{"rendered":"<p>Samedi, Ibrahim Mohammed a d\u00e9couvert que son voisin de lit \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital \u00e9tait mort. Trois jours plus tard, \u00e9touff\u00e9 par l&rsquo;odeur de son corps putr\u00e9fi\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 de partir car les balles sifflaient autour de lui.<\/p><div class=\"publi-paragraphe1\" style=\"margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;margin-left: auto;margin-right: auto;text-align: center;\" id=\"publi-2223242741\"><div class=\"publi-adlabel\">Publicit\u00e9<\/div><script async src=\"\/\/pagead2.googlesyndication.com\/pagead\/js\/adsbygoogle.js?client=ca-pub-4089586018074219\" crossorigin=\"anonymous\"><\/script><ins class=\"adsbygoogle\" style=\"display:block;\" data-ad-client=\"ca-pub-4089586018074219\" \ndata-ad-slot=\"2087940154\" \ndata-ad-format=\"auto\"><\/ins>\n<script> \n(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); \n<\/script>\n<\/div>\n<p>A Khartoum, la guerre entre les g\u00e9n\u00e9raux qui se disputent le pouvoir a achev\u00e9 un syst\u00e8me de sant\u00e9 d\u00e9j\u00e0 \u00e0 genoux dans un pays secou\u00e9 depuis des d\u00e9cennies par des guerres et des sanctions internationales.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s plus d&rsquo;une semaine de guerre ouverte au coeur de la capitale de plus de cinq millions d&rsquo;habitants, patients et m\u00e9decins d\u00e9crivent une horreur absolue.<\/p>\n<p>Mohammed Ibrahim, 62 ans, visite r\u00e9guli\u00e8rement son fils Ibrahim, 25 ans, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital o\u00f9 il est soign\u00e9 pour une leuc\u00e9mie. Le 15 avril, son calvaire a pris une toute autre tournure.<\/p>\n<p>Son voisin de lit est mort \u00ab\u00a0mais son corps a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9 l\u00e0 \u00e0 cause des combats\u00a0\u00bb, raconte le sexag\u00e9naire \u00e0 l&rsquo;AFP.<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Morgues pleines\u00a0\u00bb &#8211;<\/p>\n<p>Pour le docteur Attiya Abdallah, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du syndicat des m\u00e9decins, ce genre de sc\u00e8ne n&rsquo;est plus rare au Soudan en plein chaos: \u00ab\u00a0des cadavres en d\u00e9composition restent dans des salles d&rsquo;h\u00f4pital\u00a0\u00bb faute de pouvoir \u00eatre d\u00e9plac\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les morgues sont pleines, les cadavres jonchent les rues, m\u00eame les h\u00f4pitaux qui traitent les bless\u00e9s peuvent \u00eatre forc\u00e9s de tout arr\u00eater \u00e0 n&rsquo;importe quel moment\u00a0\u00bb, raconte-t-il, ext\u00e9nu\u00e9.<\/p>\n<p>Car partout dans la ville, les feux crois\u00e9s n&rsquo;\u00e9pargnent ni m\u00e9decins, ni malades, ni h\u00f4pitaux.<\/p>\n<p>Mohammed Ibrahim a d\u00fb faire un choix corn\u00e9lien: \u00ab\u00a0soit on restait dans l&rsquo;odeur putride, soit on sortait et on se faisait tirer dessus\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais apr\u00e8s trois jours sans nourriture, ni eau, ni \u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, \u00ab\u00a0on nous a dit de partir parce qu&rsquo;il y avait des combats et que l&rsquo;h\u00f4pital \u00e9tait touch\u00e9 par des tirs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) a recens\u00e9 dimanche \u00ab\u00a0huit morts et deux bless\u00e9s\u00a0\u00bb parmi le personnel soignant.<\/p>\n<p>En tout, selon le syndicat des m\u00e9decins, 13 h\u00f4pitaux ont \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9s et 19 autres forc\u00e9s de fermer &#8211; faute de mat\u00e9riel ou parce que r\u00e9quisitionn\u00e9s par des combattants.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On se retrouve oblig\u00e9s de faire partir des patients parce qu&rsquo;ils risquent de se faire tirer dessus et de mourir s&rsquo;ils restent\u00a0\u00bb, raconte le docteur Abdallah.<\/p>\n<p>Mohammed Ibrahim, lui, a d\u00fb porter son fils malade \u00e0 bout de bras \u00ab\u00a0\u00e0 pied, sous les tirs et au milieu des combats\u00a0\u00bb pendant cinq heures pour retrouver leur maison.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 d\u00e9sormais qu&rsquo;Ibrahim d\u00e9p\u00e9rit parce qu&rsquo;avec pr\u00e8s de trois quarts des h\u00f4pitaux hors service et \u00ab\u00a0les salles d&rsquo;op\u00e9ration en \u00e9tat qui ne traitent plus que les urgences\u00a0\u00bb, selon le docteur Abdallah, aucun h\u00f4pital n&rsquo;a pu l&rsquo;admettre.<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Deux m\u00e9decins pour un h\u00f4pital\u00a0\u00bb &#8211;<\/p>\n<p>Car tout est d\u00e9sormais rationn\u00e9 dans les h\u00f4pitaux de Khartoum et de plusieurs autres r\u00e9gions en proie aux combats: \u00ab\u00a0il nous manque des \u00e9quipements m\u00e9dicaux et chirurgicaux, du fuel pour les g\u00e9n\u00e9rateurs, des ambulances, des poches de sang\u00a0\u00bb, raconte le docteur Abdallah.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans certains h\u00f4pitaux, ce sont les m\u00eames soignants qui travaillent depuis le 15 avril sans aucun repos. Certains \u00e9tablissements n&rsquo;ont plus qu&rsquo;un seul chirurgien, parfois il ne reste plus que deux m\u00e9decins pour tout un h\u00f4pital\u00a0\u00bb, poursuit-il.<\/p>\n<p>Et tous les appels \u00e0 une tr\u00eave humanitaire ou \u00e0 des couloirs s\u00e9curis\u00e9s n&rsquo;ont men\u00e9 \u00e0 rien jusqu&rsquo;ici. Les soignants sont r\u00e9guli\u00e8rement agress\u00e9s, d\u00e9nonce l&rsquo;ONU, et pour des combattants lanc\u00e9s dans une lutte \u00e0 mort, les h\u00f4pitaux ne sont plus des sanctuaires.<\/p>\n<p>Sur les r\u00e9seaux sociaux, les habitants tentent de s&rsquo;organiser pour trouver des m\u00e9dicaments pour leurs proches souffrant de maladies chroniques.<\/p>\n<p>Mais les stocks fondent \u00e0 vue d&rsquo;oeil et l&rsquo;Unicef annonce d\u00e9j\u00e0 que combats et coupures de courant pourraient avoir raison d&rsquo;une r\u00e9serve de 40 millions de dollars d&rsquo;insuline et de vaccins dans le pays.<\/p>\n<p>Vendredi, alors qu&rsquo;une \u00e9ni\u00e8me promesse de cessez-le-feu tombait \u00e0 l&rsquo;eau, le syndicat des m\u00e9decins expliquait sur Facebook comment manipuler, d\u00e9placer et enterrer un corps en d\u00e9composition.<\/p>\n<div class=\"publi-apres-le-contenu\" style=\"margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;margin-left: auto;margin-right: auto;text-align: center;\" id=\"publi-3685247000\"><div class=\"publi-adlabel\">Publicit\u00e9<\/div><script async src=\"\/\/pagead2.googlesyndication.com\/pagead\/js\/adsbygoogle.js?client=ca-pub-4089586018074219\" crossorigin=\"anonymous\"><\/script><ins class=\"adsbygoogle\" style=\"display:block;\" data-ad-client=\"ca-pub-4089586018074219\" \ndata-ad-slot=\"2087940154\" \ndata-ad-format=\"auto\"><\/ins>\n<script> \n(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); \n<\/script>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Samedi, Ibrahim Mohammed a d\u00e9couvert que son voisin de lit \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital \u00e9tait mort. 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Son voisin de lit est mort \u00ab\u00a0mais son corps a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9 l\u00e0 \u00e0 cause des combats\u00a0\u00bb, raconte le sexag\u00e9naire \u00e0 l&rsquo;AFP. &#8211; \u00ab\u00a0Morgues pleines\u00a0\u00bb &#8211; Pour le docteur Attiya Abdallah, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du syndicat des m\u00e9decins, ce genre de sc\u00e8ne n&rsquo;est plus rare au Soudan en plein chaos: \u00ab\u00a0des cadavres en d\u00e9composition restent dans des salles d&rsquo;h\u00f4pital\u00a0\u00bb faute de pouvoir \u00eatre d\u00e9plac\u00e9s. \u00ab\u00a0Les morgues sont pleines, les cadavres jonchent les rues, m\u00eame les h\u00f4pitaux qui traitent les bless\u00e9s peuvent \u00eatre forc\u00e9s de tout arr\u00eater \u00e0 n&rsquo;importe quel moment\u00a0\u00bb, raconte-t-il, ext\u00e9nu\u00e9. Car partout dans la ville, les feux crois\u00e9s n&rsquo;\u00e9pargnent ni m\u00e9decins, ni malades, ni h\u00f4pitaux. Mohammed Ibrahim a d\u00fb faire un choix corn\u00e9lien: \u00ab\u00a0soit on restait dans l&rsquo;odeur putride, soit on sortait et on se faisait tirer dessus\u00a0\u00bb. Mais apr\u00e8s trois jours sans nourriture, ni eau, ni \u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, \u00ab\u00a0on nous a dit de partir parce qu&rsquo;il y avait des combats et que l&rsquo;h\u00f4pital \u00e9tait touch\u00e9 par des tirs\u00a0\u00bb. L&rsquo;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) a recens\u00e9 dimanche \u00ab\u00a0huit morts et deux bless\u00e9s\u00a0\u00bb parmi le personnel soignant. En tout, selon le syndicat des m\u00e9decins, 13 h\u00f4pitaux ont \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9s et 19 autres forc\u00e9s de fermer &#8211; faute de mat\u00e9riel ou parce que r\u00e9quisitionn\u00e9s par des combattants. \u00ab\u00a0On se retrouve oblig\u00e9s de faire partir des patients parce qu&rsquo;ils risquent de se faire tirer dessus et de mourir s&rsquo;ils restent\u00a0\u00bb, raconte le docteur Abdallah. Mohammed Ibrahim, lui, a d\u00fb porter son fils malade \u00e0 bout de bras \u00ab\u00a0\u00e0 pied, sous les tirs et au milieu des combats\u00a0\u00bb pendant cinq heures pour retrouver leur maison. 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Mohammed Ibrahim a d\u00fb faire un choix corn\u00e9lien: \u00ab\u00a0soit on restait dans l&rsquo;odeur putride, soit on sortait et on se faisait tirer dessus\u00a0\u00bb. Mais apr\u00e8s trois jours sans nourriture, ni eau, ni \u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, \u00ab\u00a0on nous a dit de partir parce qu&rsquo;il y avait des combats et que l&rsquo;h\u00f4pital \u00e9tait touch\u00e9 par des tirs\u00a0\u00bb. L&rsquo;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) a recens\u00e9 dimanche \u00ab\u00a0huit morts et deux bless\u00e9s\u00a0\u00bb parmi le personnel soignant. 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Trois jours plus tard, \u00e9touff\u00e9 par l&rsquo;odeur de son corps putr\u00e9fi\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 de partir car les balles sifflaient autour de lui. A Khartoum, la guerre entre les g\u00e9n\u00e9raux qui se disputent le pouvoir a achev\u00e9 un syst\u00e8me de sant\u00e9 d\u00e9j\u00e0 \u00e0 genoux dans un pays secou\u00e9 depuis des d\u00e9cennies par des guerres et des sanctions internationales. Apr\u00e8s plus d&rsquo;une semaine de guerre ouverte au coeur de la capitale de plus de cinq millions d&rsquo;habitants, patients et m\u00e9decins d\u00e9crivent une horreur absolue. Mohammed Ibrahim, 62 ans, visite r\u00e9guli\u00e8rement son fils Ibrahim, 25 ans, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital o\u00f9 il est soign\u00e9 pour une leuc\u00e9mie. Le 15 avril, son calvaire a pris une toute autre tournure. Son voisin de lit est mort \u00ab\u00a0mais son corps a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9 l\u00e0 \u00e0 cause des combats\u00a0\u00bb, raconte le sexag\u00e9naire \u00e0 l&rsquo;AFP. &#8211; \u00ab\u00a0Morgues pleines\u00a0\u00bb &#8211; Pour le docteur Attiya Abdallah, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du syndicat des m\u00e9decins, ce genre de sc\u00e8ne n&rsquo;est plus rare au Soudan en plein chaos: \u00ab\u00a0des cadavres en d\u00e9composition restent dans des salles d&rsquo;h\u00f4pital\u00a0\u00bb faute de pouvoir \u00eatre d\u00e9plac\u00e9s. \u00ab\u00a0Les morgues sont pleines, les cadavres jonchent les rues, m\u00eame les h\u00f4pitaux qui traitent les bless\u00e9s peuvent \u00eatre forc\u00e9s de tout arr\u00eater \u00e0 n&rsquo;importe quel moment\u00a0\u00bb, raconte-t-il, ext\u00e9nu\u00e9. Car partout dans la ville, les feux crois\u00e9s n&rsquo;\u00e9pargnent ni m\u00e9decins, ni malades, ni h\u00f4pitaux. Mohammed Ibrahim a d\u00fb faire un choix corn\u00e9lien: \u00ab\u00a0soit on restait dans l&rsquo;odeur putride, soit on sortait et on se faisait tirer dessus\u00a0\u00bb. Mais apr\u00e8s trois jours sans nourriture, ni eau, ni \u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, \u00ab\u00a0on nous a dit de partir parce qu&rsquo;il y avait des combats et que l&rsquo;h\u00f4pital \u00e9tait touch\u00e9 par des tirs\u00a0\u00bb. L&rsquo;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) a recens\u00e9 dimanche \u00ab\u00a0huit morts et deux bless\u00e9s\u00a0\u00bb parmi le personnel soignant. En tout, selon le syndicat des m\u00e9decins, 13 h\u00f4pitaux ont \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9s et 19 autres forc\u00e9s de fermer &#8211; faute de mat\u00e9riel ou parce que r\u00e9quisitionn\u00e9s par des combattants. \u00ab\u00a0On se retrouve oblig\u00e9s de faire partir des patients parce qu&rsquo;ils risquent de se faire tirer dessus et de mourir s&rsquo;ils restent\u00a0\u00bb, raconte le docteur Abdallah. Mohammed Ibrahim, lui, a d\u00fb porter son fils malade \u00e0 bout de bras \u00ab\u00a0\u00e0 pied, sous les tirs et au milieu des combats\u00a0\u00bb pendant cinq heures pour retrouver leur maison. C&rsquo;est l\u00e0 d\u00e9sormais qu&rsquo;Ibrahim d\u00e9p\u00e9rit parce qu&rsquo;avec pr\u00e8s de trois quarts des h\u00f4pitaux hors service et \u00ab\u00a0les salles d&rsquo;op\u00e9ration en \u00e9tat qui ne traitent plus que les urgences\u00a0\u00bb, selon le docteur Abdallah, aucun h\u00f4pital n&rsquo;a pu l&rsquo;admettre. &#8211; \u00ab\u00a0Deux m\u00e9decins pour un h\u00f4pital\u00a0\u00bb &#8211; Car tout est d\u00e9sormais rationn\u00e9 dans les h\u00f4pitaux de Khartoum et de plusieurs autres r\u00e9gions en proie aux combats: \u00ab\u00a0il nous manque des \u00e9quipements m\u00e9dicaux et chirurgicaux, du fuel pour les g\u00e9n\u00e9rateurs, des ambulances, des poches de sang\u00a0\u00bb, raconte le docteur Abdallah. \u00ab\u00a0Dans certains h\u00f4pitaux, ce sont les m\u00eames soignants qui travaillent depuis le 15 avril sans aucun repos. 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Vendredi, alors qu&rsquo;une \u00e9ni\u00e8me promesse de cessez-le-feu tombait \u00e0 l&rsquo;eau, le syndicat des m\u00e9decins expliquait sur Facebook comment manipuler, d\u00e9placer et enterrer un corps en d\u00e9composition.","og_url":"https:\/\/www.public.sn\/index.php\/2023\/04\/24\/conflit-au-soudan-lodeur-persistante-de-la-mort-dans-les-hopitaux-a-khartoum\/","og_site_name":"LE PUBLIC","article_published_time":"2023-04-24T12:51:21+00:00","og_image":[{"width":980,"height":551,"url":"https:\/\/www.public.sn\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/SUDAN-POLITICS-1.webp","type":"image\/webp"}],"author":"LA REDACTION","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"LA REDACTION"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.public.sn\/index.php\/2023\/04\/24\/conflit-au-soudan-lodeur-persistante-de-la-mort-dans-les-hopitaux-a-khartoum\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.public.sn\/index.php\/2023\/04\/24\/conflit-au-soudan-lodeur-persistante-de-la-mort-dans-les-hopitaux-a-khartoum\/"},"author":{"name":"LA REDACTION","@id":"https:\/\/www.public.sn\/#\/schema\/person\/e3f4a11b037d4203902db148f9bc8d5a"},"headline":"Conflit au Soudan: L&rsquo;odeur persistante de la mort dans les h\u00f4pitaux \u00e0 Khartoum","datePublished":"2023-04-24T12:51:21+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.public.sn\/index.php\/2023\/04\/24\/conflit-au-soudan-lodeur-persistante-de-la-mort-dans-les-hopitaux-a-khartoum\/"},"wordCount":713,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https:\/\/www.public.sn\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/www.public.sn\/index.php\/2023\/04\/24\/conflit-au-soudan-lodeur-persistante-de-la-mort-dans-les-hopitaux-a-khartoum\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.public.sn\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/SUDAN-POLITICS-1.webp","articleSection":["ACTUALIT\u00c9S","AFRIQUE &amp; MONDE","VEDETTE"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/www.public.sn\/index.php\/2023\/04\/24\/conflit-au-soudan-lodeur-persistante-de-la-mort-dans-les-hopitaux-a-khartoum\/#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.public.sn\/index.php\/2023\/04\/24\/conflit-au-soudan-lodeur-persistante-de-la-mort-dans-les-hopitaux-a-khartoum\/","url":"https:\/\/www.public.sn\/index.php\/2023\/04\/24\/conflit-au-soudan-lodeur-persistante-de-la-mort-dans-les-hopitaux-a-khartoum\/","name":"Conflit au Soudan: L'odeur persistante de la mort dans les h\u00f4pitaux \u00e0 Khartoum - 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