Diamniadio – Sécurité routière : les « Cheikhou Chérifou » contraints à une visite technique spéciale à Dakar
Face à la recrudescence des accidents impliquant les minicars de transport interurbain, l’État durcit le ton. Le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a annoncé une série de mesures conservatoires d’urgence visant les véhicules communément appelés « Cheikhou Chérifou », régulièrement mis en cause pour excès de vitesse, surcharge et manœuvres dangereuses.
Désormais, tous les minicars de 12 à 19 places disposent d’un délai de deux mois pour se soumettre à une visite technique approfondie, exclusivement centralisée à Dakar. L’annonce a été faite mardi, à l’issue d’une réunion de concertation entre le ministère et les acteurs du transport routier, tenue à la Sphère ministérielle Habib Thiam.
Selon les données de la Direction générale des transports routiers, la flotte concernée compte 6 886 autocars interurbains, d’un âge moyen de 24 ans. « Il s’agit d’un rappel général pour un contrôle technique renforcé, afin de vérifier la conformité entre les aménagements physiques des véhicules et les mentions portées sur les cartes grises », a expliqué le ministre.
Les vérifications porteront notamment sur le nombre de places autorisées et l’aménagement des espaces dédiés aux bagages. Dakar, a précisé Yankhoba Diémé, demeure à ce stade la seule localité disposant des équipements adaptés pour la réception technique de ce type de véhicules. « Nous mettons un filtre à l’entrée. Les véhicules conformes continueront leurs activités, les autres devront se mettre à niveau », a-t-il averti.
Certaines unités seront ainsi appelées à régulariser leurs documents administratifs, tandis que d’autres devront se soumettre à une contre-visite après correction des manquements relevés. Désormais, l’immatriculation des véhicules de transport interurbain sera conditionnée à l’aménagement préalable d’espaces internes dédiés aux bagages.
Parmi les autres décisions annoncées figurent l’obligation stricte d’opérer exclusivement à partir des gares routières autorisées, l’intensification des contrôles sur les principaux axes routiers et le renforcement des actions de sensibilisation à l’endroit des conducteurs et des transporteurs.
Ces mesures, selon le ministère, visent une réduction immédiate des risques d’accident, en attendant l’aboutissement des réformes structurelles engagées à l’issue des états généraux des transports publics.
