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Mali : “Les djihadistes ne peuvent pas prendre Bamako”, selon l’analyste français Antoine Glaser

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Depuis plusieurs semaines, le Mali se retrouve au centre d’une vive agitation médiatique. Divers observateurs internationaux multiplient les analyses alarmistes, certains allant jusqu’à prédire une possible chute de Bamako aux mains des groupes djihadistes. Mais pour le journaliste et analyste français Antoine Glaser, spécialiste reconnu des relations franco-africaines, ces pronostics relèvent davantage de la spéculation que de la réalité du terrain.

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Invité sur France 24, Glaser a tenu à relativiser la menace. Selon lui, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), principale coalition djihadiste opérant au Sahel, « ne peut pas prendre Bamako ». L’analyste estime que les forces terroristes n’ont ni les capacités militaires ni les moyens logistiques pour conquérir la capitale malienne, même si elles cherchent à déstabiliser le régime par d’autres voies.

Une nouvelle stratégie de blocus

Plutôt qu’une offensive directe, les djihadistes semblent aujourd’hui privilégier une stratégie d’asphyxie économique. Antoine Glaser évoque une « volonté d’empêcher l’arrivée du carburant et des biens alimentaires dans la capitale ». En multipliant les attaques contre les convois de ravitaillement, notamment les camions-citernes transportant du carburant, les groupes armés espèrent provoquer pénuries et mécontentement populaire.

« Leur objectif n’est pas de prendre Bamako par les armes, mais de susciter une forme de colère contre les autorités militaires », explique Glaser.

Un pays sous pression, mais pas en déroute

La situation sécuritaire du Mali reste certes préoccupante, notamment dans le centre et le nord du pays, où les attaques se multiplient. Toutefois, pour Antoine Glaser, parler d’un effondrement imminent de l’État malien serait exagéré : « Le Mali n’est pas en train de tomber dans les mains des djihadistes », insiste-t-il.

Cette analyse se veut donc un contrepoids aux discours catastrophistes circulant ces dernières semaines. Si la menace djihadiste demeure réelle, elle s’exprime aujourd’hui davantage par une guerre d’usure et une stratégie d’encerclement économique que par une conquête territoriale directe.

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