Le geste ne passe pas inaperçu. Alors que le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a convié l’ensemble des maires de Pastef à un ndogou au Palais de la République, un élu a choisi de rompre les rangs.
Il s’agit de Nfally Badji, maire de Suelle, dans le département de Bignona. Dans un message rendu public, l’édile annonce qu’il ne donnera « pas une suite favorable » à l’invitation présidentielle.
Dans son texte, consulté par Seneweb, Nfally Badji assume pleinement sa position. Selon lui, les maires ont davantage besoin de « moyens conséquents pour améliorer la qualité de vie de leurs administrés » que d’une rupture collective du jeûne.
L’enseignant-chercheur à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) plaide plutôt pour une audience officielle inscrite à l’agenda présidentiel. Objectif : échanger sur la situation du pays « avec tous les honneurs dus » à leur statut de premiers magistrats des communes.
Au-delà du refus, le maire lance un appel à ses camarades de parti. « Être patriote ne doit pas se limiter à porter les couleurs d’un parti, mais à prouver son patriotisme par des actes », écrit-il.
Ce refus, isolé mais symbolique, intervient alors que la majorité des maires du parti présidentiel devraient répondre favorablement à l’invitation. Reste à savoir si cette prise de position ouvrira un débat interne au sein de Pastef… ou si elle restera un simple acte de dissidence ponctuel.

