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Quatre ans de guerre : les « 1 000 morsures » russes pour affaiblir les défenses ukrainiennes

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Après quatre ans de guerre en Ukraine, le front semble gelé et la Russie cherche dorénavant à faire durer le conflit en épuisant les défenses ukrainiennes à travers ce que Kiev appelle la tactique des « 1 000 morsures ». Explication.

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Une lente et douloureuse hémorragie plutôt qu’un coup fatal. Après quatre ans de guerre, les Russes ont adopté ce que les Ukrainiens ont appelé la tactique des « 1 000 morsures » ou des « 1 000 entailles ».

« On a commencé à en entendre parler à l’été 2025 », souligne Erik Stijnman, spécialiste des questions de sécurité militaire dans le cadre de la guerre russo-ukrainienne à l’institut néerlandais des relations internationales Clingendael.

Ces « 1 000 entailles » révèlent « les sérieux problèmes de l’armée ukrainienne », écrivait l’agence de presse ukrainienne Unian en septembre. Cette « nouvelle » tactique permettra-t-elle de « briser les défenses ukrainiennes ? », s’interrogeait le même mois le Telegraf, site urkrainien d’information. Le terme a même été repris par Oleksandr Syrsky, le commandant en chef des armées ukrainiennes.

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En réalité, il s’agit « d’une vieille tactique déjà utilisée par l’armée soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale » et adaptée à la réalité du conflit actuel, assure Veronika Hinman, spécialiste des relations internationales et de la Russie à l’université de Portsmouth.

Ces « 1 000 morsures » sont infligées par de tout petits détachements qui réussissent à infiltrer les défenses ukrainiennes. Il s’agit « généralement de groupes de deux ou trois soldats censés échapper plus facilement à la vigilance des Ukrainiens », détaille Erik Stijnman. Ces groupes sont composés au maximum de dix combattants pour rester aussi discrets que possible tout en étant suffisamment nombreux pour que rien ne leur échappe.

Cette tactique a graduellement gagné en importance au fil de l’année 2025. Ces micro-unités « ont joué un rôle critique lors de la bataille de Pokrovsk », l’un des affrontements les plus intenses l’an passé, analyse l’Institut Atlas pour les affaires internationales, un cercle de réflexion nord-américain.

À partir d’octobre 2025, l’armée russe a multiplié les incursions derrière les lignes ukrainiennes à Pokrovsk grâce à ces petits groupes de combattants. « Morsures après morsures », l’armée ukrainienne a été obligée de reculer de plus en plus. C’est en grande partie cette tactique qui a permis à la Russie de revendiquer la prise de cette ville dans la région de Donetsk, même si, de leur côté, les Ukrainiens affirment encore en contrôler une partie.

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Les Russes essaient de répliquer ce mode opératoire tout au long du front. « Le but est d’envoyer des éclaireurs en mission de reconnaissance pour tester les lignes de défense afin de trouver d’éventuelles failles où l’armée pourra ensuite envoyer des unités plus conséquentes pour tenter de créer des brèches », détaille Veronika Hinman.

Ces soldats emmènent avec eux des couvertures thermiques, des tentes et des vivres pour quelques jours. Ces unités sont censées être capables de s’implanter discrètement derrière la ligne de front pendant plusieurs jours pour mener à bien leur reconnaissance, souligne le Royal United Services Institute (Rusi) dans une analyse publiée en octobre 2025.

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