L’Union des Enseignants de Sénégal Bi Nu Bokk (UE-SBNB) hausse le ton. Dans un communiqué rendu public à Dakar, le syndicat dénonce des « ponctions massives et arbitraires » opérées sur les salaires d’enseignants ayant suivi un mot d’ordre de grève.
Selon l’organisation, les retenues varieraient entre 50 000 et plus de 200 000 FCFA, soit parfois 30 % à 60 % du traitement mensuel. Des milliers d’enseignants seraient concernés à l’échelle nationale, une situation qui, d’après le syndicat, fragilise de nombreuses familles déjà confrontées à la hausse du coût de la vie.
L’UE-SBNB estime que ces mesures ont été prises « sans dialogue sincère ni volonté d’apaisement ». Elle y voit une « logique de punition collective » visant le corps enseignant, dans un contexte politique marqué par l’arrivée au pouvoir de Pastef, dirigé par Ousmane Sonko, avec à la tête de l’État le président Bassirou Diomaye Faye.
Le syndicat revient également sur les tensions notées ces derniers mois dans les universités. Il évoque une « violation des franchises universitaires » ainsi que des actes de répression contre des étudiants, faisant notamment référence au décès de Abdoulaye Bâ. L’organisation dit s’incliner devant la mémoire de l’étudiant et présenter ses condoléances à sa famille et à la communauté universitaire, rappelant que « rien ne saurait justifier la violence, encore moins dans les temples du savoir ».
Au-delà des retenues salariales, l’UE-SBNB souligne plusieurs difficultés structurelles : retards dans le paiement des bourses, lenteurs administratives concernant les avancements et reclassements, déficit d’enseignants dans certaines académies et revendications salariales en suspens.
Le syndicat appelle les enseignants, de l’élémentaire au supérieur, à faire preuve de « détermination et de solidarité » afin d’obtenir la satisfaction de leur plateforme revendicative.
Parmi ses exigences figurent l’arrêt immédiat des ponctions jugées arbitraires, l’ouverture de négociations « sérieuses », le paiement diligent des bourses, ainsi que des réponses concrètes aux doléances des enseignants et des agents de la santé. L’organisation réclame également le respect des libertés syndicales.
Enfin, l’UE-SBNB salue la prise de position de Barthélémy Dias, qu’elle qualifie de « courageuse et responsable », et appelle au « retour des valeurs républicaines, de la justice sociale et du respect des corps intermédiaires », estimant que le Sénégal mérite « un État responsable, juste et à l’écoute ».
