Une étude sur la qualité sanitaire des aliments très consommés au Sénégal révèle des résultats préoccupants. Lors d’un atelier de restitution tenu jeudi au Centre des urgences sanitaires de l’hôpital Fann à Dakar, des experts ont dévoilé les conclusions d’un plan de surveillance sur la contamination microbiologique des plats cuisinés et des jus locaux.
La rencontre a réuni laboratoires, services d’hygiène et spécialistes de la sécurité alimentaire afin d’évaluer la présence de bactéries telles que Salmonella et Escherichia coli dans ces aliments populaires.
Présidant la séance, le professeur Amadou Diop, enseignant-chercheur et président du Comité national du Codex, a rappelé l’importance de la sécurité sanitaire des aliments. « Il s’agit de l’ensemble des mesures visant à garantir que les aliments consommés par la population ne présentent aucun risque pour la santé », a-t-il expliqué.
Le plan de surveillance a été réalisé avec l’appui de la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de la coopération luxembourgeoise. L’objectif était d’analyser des plats cuisinés et des jus locaux pour détecter d’éventuels contaminants microbiologiques.
Au total, 108 échantillons ont été prélevés dans trois villes : Dakar, Thiès et Kaolack. Les analyses ont révélé 16 cas de non-conformité, soit environ 15 % des produits testés.
Selon le professeur Diop, les résultats restent globalement acceptables, même si des disparités apparaissent selon les régions.
Dans la capitale, la situation est jugée plutôt rassurante. Sur 65 échantillons analysés, un seul cas de contamination a été détecté : un sandwich porteur de salmonelle. Toutefois, les experts soulignent que la majorité des plats testés étaient servis chauds, ce qui peut réduire les risques.
En revanche, la situation est plus préoccupante à Thiès, où 12 échantillons sur 22 ont été jugés non conformes. Les contaminations concernent surtout des aliments consommés froids, notamment des produits lactés comme le Thiakry et le Lakh.
À Kaolack, 3 cas de non-conformité ont été recensés sur 22 échantillons, touchant également le thiakry.
Les bactéries identifiées peuvent avoir de sérieuses conséquences sanitaires. La salmonelle est responsable de gastro-entérites, dysenteries et épidémies de diarrhées. Quant à E. coli, elle sert d’indicateur d’hygiène et peut révéler une contamination d’origine fécale liée à de mauvaises pratiques de manipulation.
Face à ces résultats, le Comité national du Codex prévoit de renforcer la sensibilisation des professionnels. Un guide de bonnes pratiques d’hygiène a été élaboré afin de former les restaurateurs en partenariat avec l’Association nationale des acteurs de la restauration du Sénégal.
Le projet ambitionne également de désigner des « restaurateurs modèles » et d’instaurer un prix récompensant les établissements respectant les normes sanitaires.
