Le conflit au Moyen-Orient pourrait avoir des conséquences dramatiques à l’échelle mondiale. La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a averti que près de 45 millions de personnes risquent de basculer dans l’insécurité alimentaire.
S’exprimant à l’ouverture des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, la dirigeante a souligné que la flambée des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement — notamment en pétrole, gaz naturel liquéfié et engrais — pourraient aggraver la crise alimentaire mondiale.
Selon ses estimations, le nombre total de personnes souffrant de la faim pourrait ainsi dépasser 360 millions à l’échelle mondiale.
Malgré ces inquiétudes, Kristalina Georgieva a tenu à rassurer sur la capacité de l’institution à répondre à cette crise. Le FMI anticipe une demande de financement supplémentaire comprise entre 20 et 50 milliards de dollars, en fonction de l’évolution du conflit et du maintien d’un éventuel cessez-le-feu.
Toutefois, même dans le scénario le plus favorable, la reprise économique mondiale s’annonce fragile. « Il n’y aura pas de retour net à la situation d’avant-crise », a-t-elle prévenu, évoquant des dégâts durables liés aux destructions d’infrastructures, aux perturbations commerciales et à la perte de confiance des marchés.
Le FMI prévoit d’ailleurs de revoir à la baisse ses prévisions de croissance mondiale dans son prochain rapport sur l’économie mondiale (WEO), en intégrant plusieurs scénarios allant d’une stabilisation rapide à une crise prolongée avec des prix élevés de l’énergie.
Les pays les plus vulnérables, notamment ceux à faibles revenus et fortement dépendants des importations d’énergie, devraient être les plus touchés. La Banque mondiale a ainsi déjà alerté sur un ralentissement économique dans la région du Moyen-Orient, avec une croissance revue à 1,8 % en 2026.
Face à ces risques, la patronne du FMI appelle les gouvernements à la prudence. Elle déconseille notamment les restrictions à l’exportation et les contrôles des prix, tout en invitant les banques centrales à rester vigilantes face à une possible reprise de l’inflation.
