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« Pas de réalité du pouvoir qui vaille » : Ousmane Sonko maintient le cap de la rupture

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Au-delà des considérations géopolitiques, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré une réflexion approfondie sur l’exercice du pouvoir, la « révolution » en cours au Sénégal et les exigences d’un patriotisme qu’il veut « discipliné ». Son message est sans équivoque : la souveraineté a un coût, et le pays doit être prêt à l’assumer.

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Depuis son arrivée à la Primature, il affirme avoir pleinement pris conscience de la complexité de l’appareil d’État. Balayant les arguments liés à la « réalité du pouvoir », souvent invoqués pour justifier des compromis, il tranche : « Il n’y a pas de réalité du pouvoir qui vaille ; c’est à nous d’imposer au pouvoir les réalités que nous voulons ». Pour lui, le pouvoir ne doit pas transformer l’homme, mais être un levier de transformation des structures.

Dans cette dynamique, Ousmane Sonko appelle ses collaborateurs et les élites à rester fidèles aux principes défendus durant l’opposition, qu’il considère comme la boussole de l’action gouvernementale.

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Sur le plan économique, le chef du gouvernement a dressé un tableau préoccupant, évoquant notamment l’existence d’une « dette cachée ». Selon lui, le Sénégal traverse une crise profonde, exacerbée par un contexte international instable. Il déplore également un manque de préparation au sacrifice : « Beaucoup d’entre nous qui ont opté pour la révolution ne sont pas prêts au sacrifice et tout le monde réclame tout de suite et maintenant ». Une posture qu’il juge incompatible avec les exigences de la souveraineté.

À l’international, Ousmane Sonko esquisse les contours d’un « Nouveau Sénégal », fondé sur l’indépendance stratégique. Il rejette toute forme de tutelle : « Il n’est pas question de changer un drapeau par un autre, ni un parrain par un autre ». Il plaide en faveur d’une intégration régionale renforcée, estimant qu’une CEDEAO forte est indispensable dans un monde multipolaire.

La question des ressources naturelles occupe également une place centrale dans son discours. Le Premier ministre insiste sur la nécessité de renégocier certains contrats afin qu’ils profitent prioritairement aux Sénégalais, tout en dénonçant des accords conclus, selon lui, par des « autorités corrompues ».

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Sur le plan démographique, il s’oppose aux politiques de limitation des naissances imposées de l’extérieur, préférant voir dans la jeunesse africaine un « dividende démographique » à valoriser. Il insiste sur l’importance d’une alliance solide entre les élites et le peuple, condition essentielle pour donner un sens réel au patriotisme.

Enfin, Ousmane Sonko assume un magistère exigeant, tourné vers des réformes structurelles plutôt que le confort politique. Un pari qu’il justifie par une conviction forte : le Sénégal ne doit plus demander « ni permission d’être souverain, ni indulgence pour penser par lui-même ».

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