Condamné à 20 ans de prison ferme, l’ancien Premier ministre tchadien Succès Masra bénéficie d’une grâce présidentielle qui entraîne la remise totale de sa peine. Huit autres responsables politiques de l’opposition, condamnés à huit ans de prison, bénéficient également de cette mesure.
Succès Masra purgeait sa peine depuis plus d’un an après avoir été reconnu coupable de « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et de « complicité de meurtre ». La justice tchadienne avait notamment retenu contre lui un message vocal datant de 2023, qu’elle avait considéré comme ayant contribué aux affrontements meurtriers de Mandakao, dans le sud du pays, deux ans plus tard.
Ces violences avaient fait au moins 41 morts.
Huit autres responsables de l’opposition graciés
La mesure présidentielle concerne également huit dirigeants de partis politiques, tous membres de la plateforme d’opposition Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP).
Condamnés en mai dernier à huit ans de prison ferme pour avoir été reconnus coupables de fomenter une insurrection, ils voient eux aussi leurs peines totalement remises.
Le décret présidentiel publié vendredi sur la page Facebook de la présidence tchadienne précise que la grâce entraîne une « remise totale des peines privatives de libertés aux condamnés ».
Un geste en faveur de l’apaisement
Cette décision est saluée par le camp de Succès Masra. Le Dr Ndolembai Sadé Njesada, vice-président du parti Les Transformateurs, a remercié le président de la République pour avoir, selon lui, choisi la voie de l’unité nationale.
Il a également exprimé l’espoir que cette grâce permette désormais l’ouverture d’un dialogue entre les différents acteurs politiques afin de favoriser la paix et l’apaisement dans le pays.
La libération de Succès Masra et des huit autres responsables de l’opposition constitue ainsi un geste politique majeur dans un contexte tchadien marqué ces dernières années par de fortes tensions entre pouvoir et opposition.
