L’ancien ministre des Transports et responsable de l’Alliance pour la République (APR), Mansour Faye, hausse le ton contre la gestion du pouvoir par Pastef. Dans une tribune particulièrement critique, il invite le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à exercer ses prérogatives constitutionnelles et à dissoudre l’Assemblée nationale.
Selon Mansour Faye, le pouvoir en place s’est progressivement éloigné des engagements qui avaient accompagné son arrivée aux affaires. Il accuse notamment Pastef d’avoir instauré une nouvelle pratique politique fondée, selon lui, sur « la confrontation, la division » et une mise à rude épreuve des valeurs républicaines et de la cohésion sociale.
Sur le plan économique, l’ancien ministre dresse également un tableau préoccupant. « Notre économie est en difficulté ; nos finances publiques sont sous tension ; la confiance s’est érodée », estime-t-il, considérant que les autorités doivent désormais concentrer leurs efforts sur les urgences économiques et sociales.
« L’urgence du Sénégal, c’est l’économie »
Mansour Faye s’oppose par ailleurs à ce qu’il considère comme une priorité excessive accordée aux réformes institutionnelles et aux consultations populaires annoncées par le pouvoir.
S’il reconnaît que la reddition des comptes répond à une demande sociale, il estime néanmoins qu’un gouvernement doit être capable de hiérarchiser les priorités. Pour lui, le Sénégal fait face à des urgences beaucoup plus pressantes : l’emploi, la dette, le pouvoir d’achat, l’investissement, la sécurité et la relance de l’économie.
Dans cette logique, il appelle les autorités à éviter « de nouvelles distractions institutionnelles » et à consacrer leur énergie aux difficultés auxquelles les Sénégalais sont confrontés au quotidien.
Un appel direct à Bassirou Diomaye Faye
L’ancien ministre s’adresse également directement au chef de l’État. Il l’exhorte à exercer pleinement son autorité et à ne pas subir une quelconque influence dans l’exercice de ses fonctions.
« Vous avez été élu Président de la République. Vous n’avez pas été élu pour être l’ombre de quelqu’un, ni pour gouverner sous influence », écrit-il, dénonçant par ailleurs une possible « confusion des responsabilités au sommet de l’État ».
Pour Mansour Faye, la situation politique actuelle nécessite une clarification plutôt qu’une nouvelle consultation référendaire.
Dissoudre l’Assemblée plutôt que tenir un référendum
C’est sur le terrain institutionnel que sa proposition est la plus directe. Estimant que la configuration actuelle de l’Assemblée nationale ne garantit plus la stabilité politique nécessaire au pays, il plaide pour un retour devant les électeurs.
« La priorité n’est pas le référendum que l’on nous annonce […] mais plutôt la clarification politique. Pour ce faire il n’y a qu’une voie : la dissolution de l’Assemblée nationale », affirme-t-il.
Cette prise de position place ainsi Mansour Faye dans une opposition frontale à l’orientation actuelle du pouvoir et remet au centre du débat la question de la majorité parlementaire et de la stabilité institutionnelle du Sénégal.
