L’ancien avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo, inculpé et placé sous mandat de dépôt le 27 août dernier, a été transféré de la Maison d’arrêt et de correction de Coyah à celle de Macenta. L’information a été confirmée dimanche par la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion.
Selon un communiqué du ministère guinéen de la Justice et des Droits de l’Homme, ce transfert, effectué le 5 septembre dans le cadre de la gestion administrative des établissements pénitentiaires, ne modifie en rien le statut judiciaire du détenu. Algassimou Diallo reste incarcéré en exécution du mandat de dépôt délivré à son encontre.
L’ancien magistrat est poursuivi pour des faits présumés de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, de discrimination et de participation à une association de malfaiteurs ». Il avait été inculpé par le président de la Première Chambre pénale de la Cour suprême.
Révoqué du corps de la magistrature
Le transfert à Macenta intervient alors qu’Algassimou Diallo a récemment fait l’objet d’une procédure disciplinaire ayant abouti à sa révocation du corps de la magistrature.
Suspendu le 18 août par le ministre de la Justice pour « manquement à ses obligations statutaires », il avait ensuite été traduit devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), saisi par le Garde des Sceaux.
Réuni à huis clos en formation disciplinaire, le CSM avait conclu que les faits reprochés à l’ancien magistrat étaient établis. Ils constituaient, selon le Conseil, « des manquements graves aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité de la profession de magistrat ».
Une figure du procès du 28 septembre 2009
Algassimou Diallo s’était particulièrement illustré dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre 2009 en Guinée.
Nommé procureur de la République près le Tribunal de première instance de Dixinn en décembre 2021, il avait dirigé les poursuites contre l’ancien chef de la junte Moussa Dadis Camara ainsi que plusieurs anciens responsables du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).
Il avait ensuite été nommé à la tête du parquet général près la Cour d’appel de Kankan, avant d’accéder au poste d’avocat général près la Cour suprême.
Dans le cadre de la procédure disciplinaire, le ministre de la Justice avait notamment évoqué des échanges audio avec l’opposant Cellou Dalein Diallo parmi les griefs formulés contre l’ancien magistrat. Une interdiction de sortie du territoire avait également été prononcée à son encontre dans le cadre de cette affaire.
