La découverte, dimanche 6 septembre 2026, du corps sans vie d’Abdoulaye Guèye, un malade mental âgé d’une quarantaine d’années, dans le quartier Mbabou à Kébémer, suscite l’indignation d’Ansoumana Dione. La dépouille, retrouvée dans un état avancé de putréfaction, aurait passé une dizaine de jours sur les lieux.
Dans un communiqué, le président de l’Association sénégalaise pour le suivi et l’assistance aux malades mentaux (ASSAMM) dénonce ce qu’il considère comme une nouvelle illustration de l’abandon des personnes souffrant de troubles mentaux au Sénégal.
« Ce décès n’est rien d’autre que la conséquence d’un manque de prise en charge de cette couche extrêmement vulnérable », déplore Ansoumana Dione.
Pour le responsable associatif, ce drame met également en lumière les insuffisances du dispositif national de prise en charge de la santé mentale.
« Le Sénégal ne soigne pas, jusqu’ici, ses malades mentaux qui meurent assez souvent dans l’indifférence totale », affirme-t-il.
Ansoumana Dione interpelle par ailleurs les autorités sur les difficultés auxquelles fait face son centre de Kaolack, à Bouchra, qui assure depuis 2023 la prise en charge gratuite de personnes souffrant de troubles mentaux. Il cite notamment la panne de l’ambulance de la structure ainsi que le manque de lits.
« Au lieu de nous accompagner dans notre mission de service public, le Gouvernement nous regarde travailler dans d’énormes difficultés », regrette-t-il.
Le président de l’ASSAMM affirme également avoir tenté, sans succès, d’obtenir une audience avec le président Bassirou Diomaye Faye afin de lui soumettre des propositions visant à apporter des réponses à la crise de la prise en charge des malades mentaux.
Enfin, Ansoumana Dione annonce le dépôt, ce lundi 7 septembre, d’une plainte auprès du procureur de Kaolack. Il accuse l’Observateur national des lieux de privation de liberté d’avoir fait figurer, dans son rapport 2024 remis au chef de l’État, des « diffamations » et de « fausses nouvelles » concernant son centre.
