L’ancien président du Kosovo, Hashim Thaçi, a été condamné mercredi à 25 ans de prison par les Chambres spécialisées pour le Kosovo, à La Haye. Il a été reconnu coupable de plusieurs crimes commis pendant et après la guerre du Kosovo, en 1998 et 1999.
Les Chambres spécialisées pour le Kosovo, tribunal spécial établi à La Haye, ont condamné mercredi l’ancien président Hashim Thaçi à 25 ans de prison pour des crimes de guerre liés aux exactions commises par des membres de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) pendant le conflit des années 1990.
Le panel de juges internationaux l’a notamment reconnu coupable d’arrestation illégale, de torture, de meurtre et de traitement cruel.
« La Chambre vous condamne à une peine unique de 25 ans d’emprisonnement, sous déduction de la période de détention déjà effectuée », a déclaré le juge président Charles Smith lors de la lecture du verdict.
Hashim Thaçi, ancien chef politique de l’UCK, a écouté le verdict sans réaction apparente. Son procès en première instance avait débuté il y a plus de trois ans.
Quatre anciens responsables de l’UCK jugés
Hashim Thaçi était jugé aux côtés de trois autres anciens responsables de l’UCK : Kadri Veseli, ancien responsable du renseignement de la guérilla, Jakup Krasniqi, son ancien porte-parole, et Rexhep Selimi, qui dirigeait ses opérations.
L’accusation leur reprochait d’avoir participé à une « entreprise criminelle » impliquée dans des assassinats, des tortures, des persécutions et des détentions illégales de personnes dans différents lieux de détention au Kosovo et dans le nord de l’Albanie.
Selon l’acte d’accusation, les victimes comprenaient notamment des civils serbes, roms et albanais du Kosovo considérés comme des opposants politiques à l’UCK.
Quarante-cinq ans de prison avaient été requis contre Hashim Thaçi. La peine maximale prévue par les Chambres spécialisées pour le Kosovo est la réclusion à perpétuité.
Thaçi avait démissionné de la présidence en 2020
Hashim Thaçi avait démissionné de la présidence du Kosovo en novembre 2020 après son inculpation. Il s’était ensuite rendu à La Haye, où il avait été placé en détention.
Le conflit au Kosovo, qui a fait environ 13 000 morts, selon les estimations citées dans le cadre du procès, avait opposé les forces serbes à l’UCK. Il s’est achevé en 1999 après la campagne de bombardements menée par l’Otan, qui avait conduit au retrait des forces serbes du territoire.
Pour une grande partie de la population kosovare d’origine albanaise, Hashim Thaçi et l’UCK restent associés à la lutte ayant conduit à l’indépendance du Kosovo, proclamée en 2008.
Le procès des anciens dirigeants de l’UCK a toutefois suscité de vives réactions parmi leurs partisans, qui considèrent les accusés comme des héros et contestent les accusations portées contre eux. Des rassemblements étaient annoncés à La Haye et à Pristina à l’occasion du verdict.
