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RDC : des dizaines d’arrestations lors de manifestations contre la révision constitutionnelle

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Des dizaines de personnes ont été arrêtées mardi en République démocratique du Congo (RDC) lors de manifestations contre le projet de révision de la Constitution, selon des militants des droits humains. Les opposants au projet estiment que les modifications envisagées pourraient permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.

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Des rassemblements ont eu lieu à Kinshasa ainsi que dans plusieurs grandes villes du pays. Selon des militants, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Les manifestations avaient été organisées à l’appel de la Coalition Article 64 (C64), une alliance de formations et mouvements de l’opposition mobilisée contre les amendements constitutionnels susceptibles de permettre une prolongation du pouvoir de Félix Tshisekedi.

À Kinshasa, des centaines de personnes sont descendues dans les rues, brandissant notamment les drapeaux de différents partis politiques, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Des affrontements signalés à Kinshasa

Selon des militants, les rassemblements avaient commencé dans le calme avant de dégénérer en affrontements entre des manifestants de l’opposition et des sympathisants du pouvoir affiliés à la Force du progrès, un mouvement de jeunesse lié au parti au pouvoir.

Jean-Marc Kabund, membre de la C64, a affirmé que des membres de la Force du progrès avaient attaqué des manifestants à l’aide de machettes et d’autres armes blanches. Ces violences auraient ensuite conduit les forces de l’ordre à disperser les rassemblements.

Ces accusations n’ont pas été confirmées de manière indépendante.

Environ 70 arrestations dans le Haut-Katanga

Dans la province du Haut-Katanga, le militant de l’ONG Justicia, Timothée Mbuya, a fait état d’environ 70 arrestations.

À Lubumbashi, ainsi qu’à Likasi et Kasumbalesa, des policiers accompagnés de militaires auraient réprimé les rassemblements, selon Joseph Kongolo, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme.

« Un important dispositif policier a été déployé sur tous les lieux de rassemblement où les manifestants se retrouvaient », a-t-il déclaré à la presse.

Le commandant de la police provinciale du Katanga, Blaise Kilimbalimba, a toutefois démenti les informations faisant état de l’arrestation de manifestants pacifiques.

À Mbandaka, dans la province de l’Équateur, des militants ont indiqué qu’une douzaine de personnes avaient été arrêtées et qu’une centaine de manifestants avaient été dispersés. Gentil Nsefu, membre du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), a également fait état d’un important dispositif policier déployé dès les premières heures de la journée dans plusieurs secteurs de la ville.

Des rassemblements similaires auraient par ailleurs été dispersés à Kisangani, dans la province de la Tshopo.

Aucune communication officielle sur le nombre total d’arrestations n’avait été publiée au moment des faits rapportés.

L’opposition menace de saisir la justice internationale

Martin Fayulu, ancien candidat à l’élection présidentielle et l’un des dirigeants de la C64, a indiqué que l’opposition envisageait de saisir la justice internationale au sujet des violences qui auraient visé ses militants.

Le projet de révision constitutionnelle continue ainsi de susciter de fortes tensions politiques en RDC.

En juin, le Parlement congolais avait adopté un projet de loi autorisant la tenue d’un référendum sur les modifications constitutionnelles proposées.

Le même mois, au moins deux personnes auraient été tuées et plusieurs autres blessées lors de manifestations contre le projet. Les forces de sécurité avaient alors ouvert le feu pour disperser des centaines de personnes, selon les informations rapportées à l’époque.

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