La crise s’aggrave à la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise. Le bras de fer entre le directeur général de la RTS, Pape Alé Niang, et les travailleurs de l’entreprise publique ne faiblit pas. Déjà plombée par une contestation sociale persistante et des accusations de gestion opaque, la télévision nationale traverse un nouvel épisode explosif.
Dans une publication largement relayée, Pape Alé Niang a annoncé le retrait de quatre véhicules qu’il affirme avoir mis « gracieusement » à la disposition de la RTS. Une décision assumée publiquement, au ton sans détour.
« J’avais mis à la disposition de la RTS gracieusement quatre véhicules qui m’ont été offerts. Pour couper court à toutes spéculations, j’ai décidé de récupérer tous les véhicules. Thiow li diekh. Wasalam. Et j’assume. La RTS va se débrouiller avec les moyens du bord », a-t-il écrit.
Une sortie qui a provoqué stupeur et indignation au sein du personnel. Pour de nombreux agents, déjà confrontés à des conditions de travail jugées précaires dans un contexte de crise financière chronique, cette décision est perçue comme un désengagement brutal de la direction face aux réalités du terrain.
Depuis plusieurs semaines, les travailleurs de la RTS dénoncent une gestion qu’ils estiment nébuleuse. Les syndicats pointent notamment la suppression de l’accord d’entreprise, la baisse des salaires et la remise en cause de plusieurs acquis sociaux, autant de mesures qui ont profondément détérioré le climat social.
Le 28 janvier dernier, la tension avait atteint un seuil critique avec une manifestation des agents devant les locaux de la RTS. Les protestataires réclamaient alors le départ de Pape Alé Niang ainsi qu’un audit urgent de la gestion de l’entreprise.
Dans ce contexte déjà explosif, le retrait des véhicules apparaît pour beaucoup comme une provocation supplémentaire, voire le symbole d’une rupture entre la direction et ses agents.
Alors que la crise sociale s’enlise, cette nouvelle polémique renforce les craintes d’un point de non-retour à la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise, avec des conséquences lourdes pour les travailleurs et pour le service public de l’information.
