Le collectif Noo Lank est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme deux urgences sociales majeures laissées sans réponse par les autorités : l’asphyxie des universités publiques et la détresse croissante du monde rural, en pleine campagne arachidière. Deux crises différentes, mais révélatrices, selon le collectif, d’un même déficit de gouvernance sociale.
Dans un communiqué rendu public ce dimanche 8 février 2026, Noo Lank tire la sonnette d’alarme sur la situation jugée « alarmante » de l’enseignement supérieur. En cause : des décisions prises de façon unilatérale, sans concertation avec les étudiants, notamment la réforme des bourses et la fermeture des restaurants universitaires. Des mesures qui, affirme le collectif, ont plongé des milliers d’étudiants dans une précarité accrue.
Les conséquences humaines sont lourdes, particulièrement pour les étudiants issus des zones éloignées, dépendants de ces dispositifs pour poursuivre leurs études dans des conditions dignes. Pour Noo Lank, ces choix traduisent une absence de vision concertée et enfoncent un peu plus le système universitaire dans l’impasse.
Le collectif appelle le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) à faire preuve de responsabilité, dénonçant l’impact « profondément inhumain » de certaines décisions. Il exige la réouverture immédiate des restaurants universitaires et l’ouverture d’un dialogue urgent, sincère et inclusif sur la réforme des bourses et l’avenir de l’université publique. Noo Lank réaffirme par ailleurs son soutien aux étudiants les plus vulnérables et se dit disposé à jouer un rôle de médiation pour préserver l’apaisement sur les campus.
Mais l’alerte ne s’arrête pas aux amphithéâtres. Noo Lank pointe également une crise silencieuse qui frappe les campagnes : celle de la filière arachidière. Dans plusieurs zones rurales, d’importants stocks d’arachides restent invendus, privant les producteurs de revenus vitaux et fragilisant des milliers de familles.
Le collectif dénonce une gestion jugée défaillante de la SONACOS, déjà confrontée à l’écoulement difficile des stocks de la précédente campagne, faute de capacités suffisantes de transformation. Augmenter la capacité d’achat sans renforcer durablement l’outil industriel relève, selon Noo Lank, d’une fuite en avant.
À cela s’ajoute un déséquilibre territorial : le bassin arachidier s’est déplacé vers des zones comme l’axe Kolda–Tambacounda, désormais très productrices, y compris en zone transfrontalière, alors que les unités de transformation demeurent éloignées de ces territoires. Une inadéquation qui alimente l’engorgement des stocks et la précarité des producteurs.
Le collectif s’alarme également du mauvais ciblage des subventions aux semences, estimant que des milliards de francs CFA profitent davantage à des acteurs de l’agrobusiness qu’aux véritables paysans.
Face à cette situation, Noo Lank appelle à la convocation urgente d’un Conseil interministériel consacré à la filière arachide, afin d’apporter des réponses structurelles, durables et équitables à un secteur clé de l’économie nationale.
Pour le collectif, la crise des universités et la détresse du monde rural sont les deux faces d’une même réalité : l’urgence d’un changement profond de méthode et de vision dans la gestion des priorités sociales. Noo Lank assure rester mobilisé, vigilant et engagé pour la défense de la dignité humaine, de la justice sociale et de l’intérêt général.
