Assemblée nationale : Doudou Wade expose son expérience parlementaire en perspective de la première session.

Doudou Wade estime que la formation d’un seul groupe parlementaire de l’opposition n’est pas bénéfique pour l’Inter-coalition Yewwi-Wallu. Cela réduirait pour lui, la marge de manœuvre de l’opposition vis-à-vis du pouvoir.

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L’Inter-coalition Yewwi-Wallu va-t-elle former un seul et unique groupe parlementaire ? Si la question a été évoquée par Ousmane Sonko rappelant au passage que c’était ce qui avait été convenu, Doudou Wade, du haut de sa forte expérience parlementaire, estime que ce choix serait contre-productif pour l’opposition. «Je ne comprends pas les gens qui conseillent à l’opposition d’avoir un seul groupe parlementaire. Les présidents des groupes parlementaires sont considérés comme membres du Bureau de l’Assemblée nationale. C’est le même constat sur les temps de parole. En plus, quand on appartient à un groupe, vous ne pouvez plus en démissionner. Par exemple, si les 24 députés de Wallu démissionnent, ils ne pourront pas créer un autre groupe. Ils deviennent des non-inscrits jusqu’à la fin de la législature. Comment peut-on prendre ce risque politique ?», s’est interrogé l’ancien président du groupe parlementaire libéral hier, au cours d’un atelier de renforcement de connaissances pour les journalistes, organisé par le Forum civil. 

D’après Doudou Wade, sur les 8 vice-présidents de l’Assemblée, l’opposition peut en avoir 4, ainsi que 3 secrétaires élus et 1 questeur. Par ailleurs, revenant sur la durée de cette 14ème législature et les attentes des populations, Doudou Wade est pessimiste. «La possibilité d’avoir une Assemblée dans une autre direction à partir de l’intérieur, je n’y crois pas, car cette législature va disparaître en 2024. Car l’Assemblée nationale va être dissoute en 2024 parce que la majorité est étriquée», a-t-il déclaré. 
Longtemps décrié, l’absentéisme à l’Hémicycle ne devrait plus être un problème selon Doudou Wade. A l’en croire, c’est l’un des points positifs de cette nouvelle Assemblée nationale. «Cette fois, on n’aura pas besoin de légiférer pour contraindre les députés à travailler. Bby a 82 députés et l’inter-coalition en a 80. Tout le monde sera présent sous peine de perdre sa force», a-t-il prédit. 
Par ailleurs, interpellé sur la proposition du Forum du justiciable de faire passer une loi d’amnistie qui viserait à apaiser le climat politique, avec pour conséquence la participation de Karim Wade et de Khalifa Sall à la Présidentielle prochaine, le coordonnateur du Forum civil n’a pas caché son opposition. «Ce projet relève d’une volonté manifeste de cultiver et d’encourager l’enrichissement illicite, les détournements, le vol et la promotion de l’impunité dans l’espace public», a déclaré Birahim Seck. Il faudrait néanmoins rappeler que cette amnistie est l’une des causes de l’alliance électorale Yewwi Wallu. En effet, Karim Wade, condamné pour enrichissement illicite, tout comme Khalifa, qui est sanctionné pour détournement de deniers publics, ne peuvent être candidats car ayant perdu leur droit de vote. D’ailleurs, c’est l’un des points de l’alliance Yewwi-Wallu. Les partisans de khalifa Sall au sein de Taxawu, tout comme les militants du Pds au sein de la Coalition Wallu, comptent sur le soutien de leurs alliés de Pastef, pour proposer une loi qui permettrait à ces deux leaders de réintégrer le jeu politique et de briguer la magistrature suprême aux prochaines échéances électorales. 

Néanmoins, à ce jour, si les dirigeants de Pastef, Sonko en tête, ont fustigé la manière dont ces deux leaders politiques ont été écartés du jeu, ils n’ont jamais clairement annoncé s’ils soutenaient leur réhabilitation politique par le biais d’une loi. 

Pour ce qui le concerne toutefois, le Forum civil a déclaré sa volonté de s’opposer à pareille loi. Son président, Birahime Seck, le déclarait déjà lorsque le Forum du justiciable avait lancé l’idée : «Ce projet relève d’une volonté appuyée et manifeste de cultiver et d’encourager l’enrichissement illicite, les détournements, le vol et la promotion de l’impunité dans l’espace public», avait-il tweeté le 20 août dernier. 

Au point où en sont les choses, ce brouillard semble arranger la majorité présidentielle, qui semble trouver son compte dans le fait que ces deux personnalités, -deux candidats sérieux et possibles challengers contre son champion-, soient encore écartées de la course à la Présidentielle de 2024. Mais Ousmane Sonko non plus ne doit pas être mécontent de cet état de fait.
Avec LeQuotidien

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